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30/09/2007

C'est la vie...

Juste un petit coup de pouce... 
 
 

 
 
 
 
José
 
Merci à Skalpa et à Andy Verol pour avoir relevé le lien. 

29/09/2007

Razzia sur la propriété intellectuelle

L'un des commentateurs de ce blog se lamentait mercredi que le français soit en voie d'abandon pour l'Office Européen des Brevets. On peut le déplorer, certes. Mais ce serait occulter d'autres évolutions bien plus préoccupantes.

Historiquement, le brevet émerge au XVIIIè siècle comme un dispositif juridique permettant de protéger l'inventeur d'une innovation, et de lui donner des droits exclusifs sur son invention pour une durée limitée dans le temps, afin d'éviter que des concurrents indélicats ne se contentent de récupérer l'idée et d'inonder le marché de copies de cette invention. Tout inventeur était à même de déposer un brevet en son nom, et ce pour une somme modique, en détaillant en contrepartie, dans une langue claire et simple, la description de son invention.

Aujourd'hui, le français que l'on utilise dans la rédaction des brevets n'a plus rien de vernaculaire et devient de plus en plus inaccessible au commun des mortels. Plus grave, si le dépôt de brevet national reste financièrement abordable, la mondialisation a rendu quasi-indispensable le dépôt de brevets au niveau international (américain, européen, asiatique) ce qui oblige les inventeurs à faire appel à grands frais à des cabinets internationaux spécialisés dans ce genre de dossiers. Un brevet, si on veut le défendre en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, revient à plusieurs centaines de milliers d'euros en frais d'avocats. Sans un financement conséquent, le petit inventeur est cuit. Et les transnationales s'engouffrent dans le système et balaient tout sur leur passage...

De manière générale, on constate aujourd'hui une ruée des grands groupes sur la propriété intellectuelle en général. Que ce soit la course aux brevets entre grands groupes où les plus gros ne gagnent pas toujours, le lobbying pour l'extension du système des brevets à des domaines qui y échappaient jusque-là, le durcissement des lois sur les droits d'auteur sous l'influence des majors (DADVSI) qui crée parfois l'insécurité juridique pour des consommateurs de bonne foi, l'extension de la durée de protection du droit d'auteurs aux Etats-Unis sous la pression de Disney, ou encore les brevets de plus en plus nombreux sur le vivant.

On peut se demander le pourquoi de cette tendance à la ruée sur l'immatériel. Sans doute est-ce parce que les économies occidentales ont perdu toute compétitivité sur la production de biens matériels, qui sont à présent massivement produits en Asie, et que la planche de salut des grands groupes reste la thésaurisation et la monétisation de la propriété intellectuelle, grâce à l'arsenal juridique fourni par les organismes de régulation internationale (OMC, OMPI).

Dans l'industrie, on a vu des grands groupes comme Alcatel devenir des "entreprises sans usine" et tendre progressivement vers l'exploitation à outrance, non pas de la matière grise, mais des brevets et des droits de propriété intellectuelle. Dans de nombreux centres de recherche, dans le public comme le privé, on ne juge plus les chercheurs sur la qualité objective de leurs travaux, mais sur le nombre de brevets qu'ils produisent à l'année. En poussant le processus jusqu'à l'absurde, on peut arriver à des situations où de telles entités emploient davantage d'avocats que de chercheurs ou d'ingénieurs.

Dans un autre domaine, celui de la musique par exemple, certaines majors font aujourd'hui un chiffre d'affaire énorme sur les seuls droits d'oeuvres diffusées il y a 40 ans ou davantage (on pense aux Beatles ou à Elvis, par exemple). Là aussi, on se soucie davantage de ménager de bon rapports avec les ayant-droits que de rechercher activement les nouveaux talents...

Qui est le perdant dans cette affaire ? Le public. L'inventeur lambda qui n'a pas les reins assez solides pour s'engager dans une guerre des brevets avec une transnationale. Le mélomane qui achète un CD mais qui ne peut plus l'écouter dans son auto-radio. Le musicien qui voudrait réutiliser une oeuvre qui, après 70 ans, aurait dû tomber dans le domaine public, mais qui est toujours protégée au profit des ayants-droits qui, eux, n'ont jamais eu l'angoisse de la page blanche ou la panne d'inspiration devant un piano. Le paysan indien qui croyait que ses ancêtres avaient, au fil de dizaines de générations, sélectionné un riz qu'ils ont nommé "basmati", mais qui du jour au lendemain voit une multinationale déposer un brevet sur cette variété. Le journaliste photographe, qui se demande à quelle sauce ses droits vont être mangés. Les habitants des pays émergents, qui bien souvent ne peuvent payer des médicaments rendus inabordables par les royalties liées aux brevets des industries pharmaceutiques occidentales.

De manière générale, la mainmise et les contrôles de plus en plus étroits sur l'échange des idées et de l'information est une menace pour les sociétés qui laissent ces grands groupes dicter leurs lois. En effet, l'information, les idées, la culture ne sont pas des marchandises comme les autres. Quand j'achète une baguette à mon boulanger, lorsqu'il m'a tendu la baguette, il ne peut plus vendre cette même baguette à quelqu'un d'autre. Il s'est appauvri d'une baguette mais s'est enrichi de la monnaie que je lui ai donné. Il y a eu un échange marchand, sans création de richesse.

En revanche, quand j'échange des idées avec un ami, à la fin de l'échange, j'aurai toujours à l'esprit mes idées de départ mais en plus, j'aurai entendu celles de mon ami, ce qui nous a permis d'approfondir une réflexion et donc, mutuellement enrichis. Nous avons créé une richesse non-quantifiable suite à un échange non-marchand. C'est sur ce principe de l'échange collaboratif d'idées que se construisent des oeuvres d'une valeur inestimable comme l'encyclopédie en ligne Wikipédia ou bien les ensembles de logiciels libres GNU/Linux.

Mettre un frein à l'échange de ces idées, de ces informations, par l'application de brevets ou de droits d'auteur trop restrictifs, est contre-productif à terme, et finira par ne bénéficier qu'à ceux qui ne respectent pas ces législations abusives. Devinez quel pays est réputé pour tenir très peu compte de la propriété intellectuelle ? La Chine...

 

 

Veig

28/09/2007

Retour à l'édition pour Guy Birenbaum

Guy Birenbaum retourne à ce qu'il sait et aime faire : l'édition.

Il est devenu directeur de collection des éditions Ramsay.

 

José 

27/09/2007

On the road again.


 

Si loin que nous n'en voyons plus la poussière soulevée par nos pas et qui est retombée faute de mieux.

Si fous que nous y croyons tous (ou presque) à cet instant magique, cette rencontre entre la France et sa jeunesse en ce mois de mai 81. Cet appétit, cette volonté, cette gourmandise de soleil et de vie qui chassait les nuages noirs, qui aspirait la sclérose des années Giscard.

J'ai eu 18 ans en 1981, juste à temps pour avoir cette carte magique qui me permettait enfin d'être un adulte, de choisir, de m'engager au delà des discussions de lycée. Au delà de ce paternalisme que nous prodiguaient les militants du parti.

J'y ai cru, Putain, qu'est ce que j'y ai cru...

Que reste t'il aujourd'hui de ce formidable élan, de cette voie triomphale que nous empruntions, nous les nouveaux révolutionnaires, nous les sans-culottes qui allions changer le monde. Que reste t'il de nous ?

Ou nous sommes nous donc égarés ? Ou nous a t'on perdu dans les méandres des affaires, des compromissions, des jeux de chaises musicales et des intrigues florentines qui ont agité la cour de l'Elysée et ses alcôves aussi.

Peut-être sommes nous devenus maladroits à force d'être trop gauches. Peut-être que nos idéaux de papier ont été coupés net par le ciseau de la réalité, lui même cassé par la pierre que nous avons désormais dans le coeur et qui nous fait penser individu avant individus, indivisibles à force de se réduire, invisibles à force de se maudire de ce que nous fûmes et qui s'enfuit en fumée.

Comme le temps. Comme notre jeunesse. Comme notre vie. Pas celle charnelle dans les bras d'innombrables visages, non l'autre. Celle ou nous jouissions gravement à la pensée que nous allions changer la vie.

Mais nous n'avons rien changé, nous avons accompagné le changement. Plus ou moins de bon gré, plus ou moins par habitude, parfois involontairement par manque de volonté, parfois volontairement par manque de volupté. Et ce faisant nous avons changé nous aussi. Comme un vieil amant qui ne peut se résoudre à s'engager, comme une vieille maîtresse qui ne peut se résoudre à divorcer et qui restent ensemble par habitude. L'habitude des compromissions, des jeux de chaises musicales et des intrigues florentines... Mais ce changement n'était pas le nôtre.

Je suis un dinosaure avec mes vieilles Pataugas poussiéreuses et mon sac à dos. Je n'ai pas de nostalgie, je n'ai pas d'amertume, je n'ai pas de regrets. Je voudrais juste dire à tous ceux qui sont obsédés par le fric, la réussite et la dernière commode de chez IKEA et qui ne croient qu'aux valeurs du miroir aux alouettes que leur renvoie la société, et à l'individualisme forcené teinté d'un humanisme lacrymal par catastrophe télévisée, que nous, oui, nous y avons cru à notre idéal de société et que cela personne ne pourra jamais nous l'enlever.

La poussière retombe derrière mes pas.

On the road again

 

 

Serval

26/09/2007

La fumée existe sans feu.

Harcèlement moral : « toute conduite abusive qui se manifeste notamment par des comportements, des paroles, des actes, des gestes, des écrits, pouvant porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l'intégrité physique ou psychologique d'une personne, mettant en péril l'emploi de celle-ci ou dégradant le climat social. » Marie-France Hirigoyen.

 

Il n'a l'air de rien, de rien de particulier.
Il parle bas, il rougit lorsque les mots doivent être prononcés, en public ou en tête à tête, il se tient courbé, comme en retrait.
Il ne prend pas de décision, le moins possible, en tous cas pas lorsque ses "subordonné(e)s lui demandent de l'aide, quelle qu'elle soit.
Il reste là, tapis dans la noirceur de son âme.
Il voudrait tant être le préféré, celui que nul ne conteste, celui qui jamais ne serait contesté.
Il ne sait pas travailler en groupe, alors il s'applique à tuer le groupe.
Une victime, savamment choisie.
Une femme souvent, mais pas toujours.

Il pourrait être pêcheur de truites.
Il taquine la proie, lui fait croire qu'elle compte pour lui.
Il la flatte, la met dans la lumière.
La confiance s'établit.
La victime ne sait pas qu'elle commence à asphyxier.
La ligne est tendue ; la ligne se tend.
L'hameçon s'incruste dans la chair et les forces vitales quittent le choix du fou.

Le harcèlement moral est insidieux, quasiment improuvable.
Les "autres" pensent toujours qu'il n'y a pas de fumée sans feu et que, si la victime a des galères avec M. X, c'est qu'elle l'a un peu cherché tout de même. Qui plus est lorsque la victime a ce que l'on appelle une grande gueule et qu'elle ne se laisse pas faire.
Mais à lutter on s'épuise, surtout lorsque toutes et tous se dérobent et ne bougent pas une oreille pour faire cesser le jeu pervers.

La victime dépérit, n'a plus d'idées, pleure, maigrit, se sent seule et inutile.
Elle commence même à faire quelques erreurs.
Le harceleur jouit de cela, il s'en défend, mais il en jouit.
Il voit dans ces erreurs ou ces accès de colère, la preuve irréfutable de son sens incroyablement performant de la déctection des éléments perturbateurs qu'il fait éradiquer de l'entreprise (ou autre).
Le piège se referme.

Attaquer en justice un harceleur moral est extrêmement dangeureux et difficile.
Et si lon ne trouvait plus de travail ensuite.
Et si des représailles avaient lieu sur les proches.
Des pressions ignobles.
Et puis, il faut être en capacité de fournir des preuves, des témoignages d'autres qui voient ou pire, qui subissent eux aussi.
Qui est capable de prendre un tel risque pour un collègue ?

Le harcèlement moral existe.
Il peut même, quelques fois, conduire un harcelé à se donner la mort.
Et dans ce cas affreusement extrême, le harceleur ne pensera jamais que c'est "à cause de lui", il pensera que l'autre était fragile et la page se tournera.
D'ailleurs, les victimes sont souvent fragiles... Cela peut aussi être toute leur force.

 

Laflote.

25/09/2007

Les faillites, une histoire de famille...

Le Premier Ministre l'a dit, même s'il a un peu atténué ses propos après la salve de critiques tirée non seulement par ses opposants mais aussi par certains membres de la majorité, la France est en faillite.

Histoires de famille et de faillites.

Le Président Sarkozy aime bien les histoires de famille. Il aime bien appeler un certain capitaine d'industrie "son frère", son épouse appelle le Garde des Sceaux "sa sœur", on parle de famille politique, etc. Bien, ceci étant donc écrit, penchons-nous donc sur les histoires de famille.

Guillaume Sarkozy, le frère de sang, en novembre 2002 se déclarait "fier d'être un patron industriel qui délocalise". Il était alors à la tête des Tissages de Picardie, vice-président du MEDEF et ajoutait "Assez de faux semblant : la perte d'emploi, la déstabilisation industrielle, c'est normal, c'est l'évolution" en estimant que la gestion des conséquences sociales du phénomène sont un "problème qui doit être traité au niveau de l'État". Un peu moins de trois ans plus tard, son entreprise faisait faillite.

Durant cette même période, son frère Nicolas officiait au gouvernement. Xavier Bertrand, ministre de la Santé se félicita même en mars 2007 d'un redressement plus rapide que prévu des comptes de la Sécurité Sociale. Entre temps, Guillaume Sarkozy était devenu le délégué général du Groupe Médéric, troisième Institution paritaire de protection sociale complémentaire en France. On peut aussi rappeler qu'il fut ancien vice-président de la CNAM. En juin 2007 il déclarait lors d'un entretien avec la revue RH&M :

"G. S.: Les français ont conscience de la limite des capacités de financement des régimes obligatoires. Ils adhèrent largement a l'idée que d'autres acteurs ont un rôle à jouer. Les sondages montrent que les français sont en attente de solutions globales de protection sociale intégrant du conseil, des services, une capacité d'orientation. Notre métier, demain, ne sera plus seulement de gérer la protection sociale mais d'innover dans les services offerts aux entreprises, aux salariés et aux retraités, pour créer avec eux les conditions de leur performance et de leur bien-être. C'est la raison pour laquelle nous avons créé une Direction de l’innovation et des nouveaux métiers."

En apparente contradiction avec ses propos tenus en 2002 lorsque sa fierté de délocaliser s'exprimait.

Tout récemment c'est la France, l'entreprise de Nicolas Sarkozy, qui a été déclarée en faillite. Que s'est-il donc passé depuis les déclarations de Xavier Bertrand en mars 2007 ?

Une bonne nouvelle pour Médéric, probablement.

 

 

José 

24/09/2007

Et pendant ce temps là...

À l'heure de l'apéro au comptoir de l'Univers.

 

- Qu'est-ce que tu bois ?
- Un jaune.
- Daniel, deux jaunes s'il te plaît !
- Pastis ou Ricard ?
- Pourquoi le Ricard, c'est pas du pastis ?
- Ben non, c'est du Ricard.
- Pourtant y'a bien écrit pastis sur la bouteille de Ricard, non ?
- Euhhh... Ouais, bon fais pas chier, hein ? Alors, 51 ou Ricard ?
- Ben voilà ! C'est peut-être pareil sauf que c'est pas la même chose. Deux 51.
- Oué Robert, comme tu dis c'est pareil mais pas la même chose.
- T'as vu Sarkozy dans le poste hier ou avant-hier ?
- Les deux, c'est tous les jours qu'il est dans le poste.
- T'as raison mais là il était sur la 1 et la 2 en même temps.
- Comme ça il était sur la 12. De toute façon il est partout tout le temps, j'ai l'impression qu'ils sont plusieurs, moi.
- Ben au moins il fait ce qu'il a dit, lui.
- Ah ? Ça c'est sur qu'aux riches il leur fait ce qu'il leur avait dit. Le problème c'est qu'il nous l'avait pas dit à nous.
- De quoi tu parles ?
- Ben des 15 milliards, pardi.
- T'exagères, ça concerne pas grand monde, ça.
- Justement, ça fait beaucoup d'argent pour pas grand monde.
- Il a pas fait que ça non plus depuis qu'il a été élu.
- Sûr. Y bouge beaucoup mais moi j'ai pas vu grand chose. Je gagne pas plus et les prix sont pas moins chers.
- Ben ça peut pas marcher tout de suite les réformes. Faut attendre un peu.
- Faut attendre ? T'en as de bonnes, toi. Ça sert à quoi alors qu'il court tout le temps si nous y faut qu'on attende ? Ça sert à nous faire croire qu'y fait quelque chose et à éviter qu'on s'endorme ?
- Ben il travaille lui au moins. Pas comme ceux d'avant.
- Ouais, y travaille des mollets et moi je préférerais qu'il travaille du ciboulot. Parce que pour sortir des conneries pareilles, tout le monde peut le faire.
- Quelles conneries ?
- Je veux 3% de croissance, par exemple. Moi aussi je veux, tout le monde veut. C'est facile de vouloir.
- Tu sais ce que c'est la croissance, toi ?
- Ben non, comme toi. Mais les journalistes, ils savent eux. C'est bien pour ça que je dis qu'il raconte que des conneries. C'est pas à nous qu'il parle mais aux journalistes.
- T'es de mauvaise foi. La croissance c'est quand y'a du travail.
- T'as raison. Quand y'a une marée noire ici y'a du travail après, ça fait de la croissance ça ? Y'a qu'à faire des marées noires alors.
- T'es encore de mauvaise foi.
- Ah ouais ? Explique alors.
- Ben il faut aller décrocher des contrats à l'étranger, par exemple. Si on fait travailler les entreprises françaises ça fera du boulot en France, non ?
- Sauf si pendant ce temps on en détruit plus encore du boulot.
- Ça il y est pour rien le président.
- T'es bien de son bord, toi. Il y est pour rien quand ça détruit mais c'est grâce à lui quand ça en fabrique !
- Ouais bon, tu comprends rien à ce que je dis. On reboit un coup ?
- Ben parle clairement alors, ça j'ai compris. Daniel, tu remets deux jaunes ?
- À la nôtre !
- À la tienne.
- Et puis comment ça je suis pas clair ? On n'a bu qu'un verre.
- Heureusement. Parce que toi tu parles comme un livre mais quand t'es bourré t'es con comme la couverture.
(Rires)
- C'est sûr que Sarkozy il parle pas comme un livre. Au moins, on le comprend lui.
- C'est que tu l'écoutes pas bien. Parce que quand il sort un truc du genre : 'J'ai pas dit que je voulais pas qu'ils le fassent pas, hein ? Non, j'ai pas dit ça !" Ben moi, je comprends rien.
- Là c'est vrai, moi non plus. Mais il a vraiment dit ça ?
- C'est ce qu'il dit tout le temps. Regarde c'est comme l'Iran. Il a dit qu'il fallait éviter la guerre et l'autre ministre, là, j'sais pus comme y s'appelle, il a dit qu'il fallait s'y préparer et après ils nous racontent que c'est pas ça. C'est quoi alors ?
- C'est différent ça. Même l'Amérique veut pas faire la guerre à l'Iran, y'a assez de bordel avec l'Irak.
- La faute à qui ? Bon c'est sur qu'avec Sarkozy on va faire que ce que l'Amérique veut. Là aussi c'est pareil. Pendant la campagne il avait dit qu'il fallait être indépendant, tu te rappelles pas ? T'as lu ce qu'il dit Dupont Aignant à ce sujet ?
- Pontégnan ?
- Dupont Aignant. Le mec de droite qui est vachement déçu aujourd'hui. Un gaulliste.
- Ça existe encore les gaullistes ?
- Presque plus, Sarkozy les a presque tous tués. Il reste Villepin, remarque.
- Ah çui-là... On pourrait presque croire qu'il est de gauche tellement il est pas d'accord.
- T'as raison... Parce que la gauche, hein ? Pas terrible...
- La gauche elle sait pas reconnaître ses deux pieds alors... Ils sont tous chez Sarkozy. Remarque on se demande bien comment ils auraient pu gagner.
- Oué, c'est sûr. Même Jospin il le dit.
- Il en connait un rayon pour perdre, lui.
- Enfin bref... J'ai bien l'impression qu'on va en boire quelques-uns de pastis avec Sarkozy au pouvoir.
- Ouais. Et même un tout de suite. Parce que je suis pas sûr qu'on puisse continuer à les payer si ça continue. Juste avant l'€uro c'était sept francs cinquante le pastis, maintenant c'est deux euro vingt. Le double quoi.
- Pas la faute à Sarkozy, ça.
- T'as raison. Si ça avait été de sa faute on le paierait trois dollars.
(Rires)
- Ce que t'es con, toi...
- Ben ouais. Allez, un dernier pour la route. Et puis la France c'est un petit pays plein de petits cons, l'Amérique un grand pays plein de gros cons, et la Chine un immense pays plein de petits cons. Tu vois, nous on est un mélange entre la Chine et l'Amérique.
- Daniel ? Tu remets ?
- Non, moi je sers ni les Chinois ni les Américains.
(Rires)
- Mais non, nous on est bretons.
- Ouf... Au moins on risque pas de voir Sarkozy en visite tous les jours.
- Pas la peine, il est dans tous les postes tous les jours.
- C'est même pour ça qu'on boit.
- Qu'est-ce qui faut pas faire pour un apéro, hein ?
- Ben ouais... Travailler plus pour boire plus.

 

 

José 

23/09/2007

Remaniement ministériel.

Le quidam de la rue, informé par les quotidiens et les hebdomadaires, s’attend à un remaniement ministériel. Qui sera remplacé, Michelle Alliot-Marie ? Jean-Louis Boorlo ? Michel Barnier ? Et le n°1 François Fillon ? Le quidam de la rue ne se demande pas pourquoi, il se demande quand. L’heure du compte à rebours commencera après la modification des Statuts de l’UMP. Dès lundi 10 septembre et jusqu'au dimanche 23 septembre, les adhérents de l'UMP sont appelés à se prononcer par un vote sur la réforme des statuts de leur mouvement. Ce que ce demande le quidam c’est qui les remplacera. Premier ministre on cite Brice Hortefeux, Ministre de l’intérieur on nomme Julien Dray le gauchiste maoïste, qui y réfléchit, dit-on, Ministre de l’écologie, aucune importance.

Le quidam de la rue se demande ce qui va changer. Nous sommes en septembre et dans deux mois, les tentes des SDF se déploieront sur les berges, comme toutes les années. Les restos du cœur vont très vite être à sec de stock, Emmaüs jouera un air de musique pour trouver quelques piécettes jaunes. Le secours pop, le croissant rouge se retrouveront encore à distribuer les rations de survie et peut-être pour la première fois sans la ration espoir.

Pour la première fois toutes les communes disposant d’écoles primaires et de places pouvant recevoir les élèves devront financer l’école primaire privée. Contraintes et forcées.

Pour la première fois par l’obligation de la loi, sous la supervision du Préfet les pauvres devront payer l’école primaire des riches. Déjà que nombres de cours étaient bonifiés par les compléments donnés par des étudiant payés en chèques emploi service, déduit des impôts.

Pour la première fois la république française gling-gling décomplexée met en place deux catégories sociales de plus en plus fermées. Sans aucune communication de l’une vers l’autre.

Le quidam de la rue s’est aperçu que la seule opposition contre le gouvernement de préparation au Sarkozysme, pendant cinq ans venait de la droite, dans le camp U.D.F devenu Mo-Dem. François Bayrou reprend du service ce jour et prépare son forum des démocrates 13 au 16 septembre 2007 à Seignosse, dans les Landes.

Aujourd’hui dans l’U.M.P Dominique de Villepin est cet homme qui selon les analystes politiques aurait un destin politique bien plus grand que sa personne. Le quidam veut bien les croire, il croit davantage lorsqu’il s’appelle Régis Debray (vendredi soir chez Guillaume Durand). Cela nous ramène à l’école publique.

Certains se souviennent peut-être que Régis Debray, le célèbre révolutionnaire, le compagnon de Che Guevara, le secrétaire de Mitterrand, avait collaboré en 1991 à la rédaction d'un livre qui prenait la défense de l'école laïque et républicaine : "Les préaux de la République", dédié au professeur de philosophie dudit Régis Debray, Jacques Muglioni. Il vaut la peine aujourd'hui de relire des passages de ce livre, surtout le préambule, "Éloge de nos maîtres", écrit d'une plume alerte par Régis Debray lui-même. On y trouve en effet d'excellentes formules, par exemple : "L'école républicaine ne délivre pas de message, elle délivre tout court" (p.16), et cette définition de la morale républicaine, p.19 : "L'école élémentaire enseigne un élément seul apte à fonder une discipline de pensée indépendante des doctrines religieuses ou politiques."

http://www.regisdebray.com

La question que l’on se pose est qui sera l’opposition efficace au Sarkozysme ?

Et, ne doit-il n’en avoir qu’une seule ?

 

Martingrall 

 

(PS : billet écrit le 11 septembre)

22/09/2007

Birmanie, un non lieu.


Cela arrive parfois, on en parle, un peu, très peu, voire pratiquement pas. C'est qu'il y a des dictatures modèles. Modèle je veux dire au sens qu'elles savent rester discrètes. Elle ne prétendent pas au prix Nobel de la pacification à l'arme lourde, ni à l'atome crochu avec les autres pays et encore moins aux rodomontades habituelles de leurs dirigeants plus éclairés par la lumière verte du dollar que par les valeurs de la démocratie.

C'est ainsi en Birmanie. Un modèle de dictature passe partout, teinte en vert de gris pour se fondre dans la masse des pays qui oppriment leur peuple.

Mais qui oppriment en silence. Un silence assourdissant qui revient en échos de nos pays plus habitués à se demander ce que fait l'opposition que de savoir ou elle croupit en détention. Comme Aung San Suu Kyi, 62 ans dont 15 en détention parce que son parti "la Ligue nationale pour la démocratie", avait obtenu 80 % des voix lors des premières et seules élections libres du pays en 1990. D'ailleurs le parlement ne s'est jamais réuni. Un parlement fantôme comme la communauté internationale qui revient régulièrement dire que " ben, bon on a essayé de la faire libérer, mais que bon, ben on a pas réussi" et qui retourne vaquer à ses occupations. Comme si la Birmanie finalement n'existait pas, comme si c'était un non lieu.

Un non lieu comme celui obtenu par Total le 28 mars dernier et qui était accusée par quatre birmans de "soutien logistique et financier à la junte militaire responsable d'actes de torture, de déplacement forcé de population et de travail forcé".

Un non lieu, comme l'État Kayah, au nord-est de l'État Karen (Kayin), que le ministère des affaires étrangères dans ses "conseils aux voyageurs" sur son site internet déconseille de visiter suite à des rébellions fréquentes. Et pour cause, cela fait  40 ans (depuis l'installation de la junte militaire au pouvoir) que les karens la combattent. Environ 120.000 d'entre eux ont fui la répression birmane depuis 15 ans et vivent dans des camps ou le dénuement est à l'aune des aides internationales, le long de la frontière thaïlandaise qui tente de refouler ces réfugiés.

Un non lieu comme ces geôles ou sont détenus plus d'un millier de prisonniers politiques

La Birmanie n'existe donc pas, comme ces manifestations de moines bouddhistes de ces derniers jours puisqu'on n'en parle quasiment pas. Des moines déjà victimes de la répression en 1990, alors qu'ils s'élevaient contre la junte au pouvoir qui refusait de reconnaitre sa défaite aux élections, et qui aujourd'hui manifestent contre le coût de la vie quitte à prendre de plein fouet les coups de l'armée...

Un non lieu, n'entraine pourtant pas l'absolution. Dans le cas de la Birmanie, il ne montre que de l'indifférence ou de l'impuissance.

Voire les deux.

Serval

21/09/2007

"3 strikes"

Quand l'exécutif- désormais incarné en la personne du président de la République-se mêle du judiciaire, avec l'instauration des peines planchers... Ce système qui permet de prononcer une sanction automatique en cas de récidive pour le même délit est très en vogue dans les pays anglo-saxons. Exemple le plus marquant, en Californie, le "3 strikes and you're out", à la troisième infraction, c'est une peine d'au moins 25 ans qui est prononcée, il en résulte des situations kafkaïennes : des vols à l'étalage peuvent conduire un récidiviste à la prison à vie, de facto. Efficacité garantie : les prisons sont pleines.

Le raisonnement qui pourrait conduire à une telle absurdité prend lentement forme en France, nos juges sont de plus en plus critiqués, voire dénigrés : ils sont "arrogants", ils ne rendent jamais de comptes. Nicolas Sarkozy n'en finit plus de "s'interroger" sur leur rôle, surtout après des faits divers marquants qui lui permettent de se mettre en valeur, tel un chevalier blanc venant au secours des victimes. De leur côté, les policiers et gendarmes s'indignent des délinquants remis en liberté par des juges de plus en plus souvent traités d'incompétents etc...

Le président cherche à déstabiliser les juges- dans quel but?-, surfant sur l'émotion populaire, par des discours très fermes, simples effets d'annonce. Le recrutement de juges supplémentaires permettrait d'assurer la collégialité des décisions, et ainsi diminuer le nombre les erreurs judiciaires ; le président est curieusement silencieux à ce sujet, plus prompt à vouloir "juger les juges". Le gouvernement exige l'irréalisable : une justice infaillible, rapide, peu coûteuse.  Autant le dire, aujourd'hui, pour devenir juge, il vaut mieux avoir une vocation, et des reins solides.

L'application des peines planchers efface la possibilité d'user des circonstances atténuantes, lors de la récidive, elle vide la sentence de tout sens puisqu'elle s'applique sans distinction. Le choix, qui est pour l'instant entre les mains du juge seul, on l'enlève, pour installer un système automatisé. En exagérant un peu, on pourrait tout aussi bien imaginer dans le futur, une justice rendue par des robots. Une application stricte de la peine, plus d'erreur possible, plus de clémence non plus.

Une justice déshumanisée, pour des humains déshumanisés? Espérons que ce n'est qu'un vilain cauchemar...

 

 

Lily 

 
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