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30/11/2007

Les deniers du culte.

Cet été, « notre » assemblée nationale a voté un nouveau bouclier fiscal.

Dans un contexte franco-français, cela peut être analysé comme un retour aux temps d'avant la Révolution où seul le Tiers Etat était assujetti à l'impôt. Le clergé et la noblesse, ordres privilégiés, n'en payaient pas et avaient le droit d'en lever.

Nous n'avons pas encore atteint un tel retour en arrière... Néanmoins, notre noblesse économique, médiatique, sportive et surtout financière se voit déchargée d'une part de ses impôts, geste qui ne semble pas ramener les émigrés fiscaux des bords du Lac Leman vers nos rivieras françaises devenues plus accueillantes. Il en faudrait bien plus !

Le classement de ses fortunes exilées en Suisse vous est offert par le Figaro ici.

Mais plus discrétement, le Parlement a aussi voté la suppression de l'impôt résiduel sur les transactions boursières.

Dans un contexte mondialisé, il faut y voir la suprématie d'un culte fort onéreux :

Le Divin Marché.
 
 

Les libéraux qui rechignaient à payer leur cote-part de solidarité aux Etats, acceptent ainsi sans regimber que les citoyens du Monde s'acquittent d'une dîme à cette nouvelle Eglise, à ses temples boursiers et à son clergé-actionnaire. Ainsi, un pourcentage du prix d'un baril de pétrole est dû la spéculation boursière sur ce produit. Et d'autres matières premières (certaines alimentaires) nourrissent la convoitise des spéculateurs.

Le Divin Marché s'octroie ainsi le droit de lever son impôt sur nos sociétés, sans en acquitter aucun.

Lorsque vous allumez votre cierge voiture où lorque vous rompez votre pain, vous faites, de fait, un petit don à cette nouvelle théologie.

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Collectif DEL
Sur un billet de Nef

29/11/2007

Plus de blé ? Pas grave, prends un chouingue.

La grande distribution communique drôlement moins sur ses thèmes de prédilection qui sont la hausse du pouvoir d’achat et la guerre des prix.

Il faut dire que la tendance est à la hausse dans les rayons des produits de première nécessité comme le pain, le lait, le beurre, la volaille, les biscuits…

Certains grands groupes ont déjà planifié les hausses : +10 % pour Bonduelle et Danone, +15 à 17 % pour Lactalis…

« C’est du à la flambée du prix des matières premières » serinent-ils en chœur.

Il est vrai que la tonne de blé meunier était aux environs de 110 euros en 2006 et qu’aujourd’hui il faut sortir entre 275 et 300 euros pour le même produit.

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La mauvaise récolte de 2006, la récolte catastrophique de 2007 sont en partie à l’origine de cette flambée.

Mais pas seulement.

Il y a aussi la demande croissante de la Chine, de l’Inde et de la Russie.

Il y a également le développement des biocarburants.

Tout cela inquiète la profession agricole car en France nous n’avons pas les surfaces disponibles pour répondre aux deux enjeux, alimentaire et énergétique.

Mais ça, nous le savons.

Et ce qui semble incompréhensible ce sont les engagements de la France : 5.75% de biocarburants dans les carburants routiers en 2008, 7% en 2010 et 10% en 2015.

Au-delà des préconisations de l’Union Européenne !

Les Etats-Unis ne sont d’ailleurs pas en reste. Cette année ils produisent 60 millions de tonnes de maïs pour faire de l’éthanol et prévoient d’en faire 110 millions en 2012.

Quand on sait que des fonds de pension américains et des boursicoteurs ont spéculé sur le marché du blé, ça laisse songeur...

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Quand on sait que des emplois vont être supprimés par milliers pour satisfaire la rentabilité exigée par ces fonds de pension, ça laisse rageur.

Quand on sait que des boursicoteurs décomplexés auraient pu faire dans le délit d’initiés, ça laisse (comment dire …) « cogneur » ?

Mais ça reste surtout une question de blé après tout.

Une demande croissante au niveau alimentaire, quelques mauvaises récoltes successives, une spéculation boursière pour se faire toujours plus de fric ben ça laisse de plus en plus de pauvres (26% des français ont prévu de réduire leur budget de noël).

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Mais ça laisse aussi des riches de plus en plus riches…

Mais bon, p-o-s-i-t-i-v-o-n-s, la flambée des prix en France n’a pas encore atteint celle de la Roumanie :

« Depuis la chute du régime communiste, en décembre 1989, les prix en Roumanie ont été multipliés par 2 400 ; la Banque nationale de Roumanie (BNR) a émis des coupures qui pouvaient atteindre 1 million de lei (environ 27 euros) ».

Alors quand on a plus de blé, ben on a des chouingues.

Courrier international, ROUMANIE • La vogue de la monnaie de singe 

 

Gaëlle

Merci à valdo pour son billet sur les roms, il m'a aidé à trouver le titre et la chute du mien ;-) 

28/11/2007

La minorité la plus importante d'Europe...

Cela date déjà d'un mois. C'était en Italie

Suite à un fait divers sordide (viol et assassinat d'une femme impliquant un jeune Rom), l'Italie s'est livrée à une véritable chasse anti-roumains. Révisant, au passage, les accords de libre circulation des personnes avec la Roumanie, membre de l'Union européenne. Le tout sur fond de surenchère où la démagogie de Walter Weltroni (a gauche ?!) le cédait à peine aux glapissements haineux de la droite la plus xénophobe. Face au silence complaisant des gouvernements européens.

Ce silence, ne nous voilons pas la face, ce n'est que le cache-sexe du racisme anti-roms. De cette haine mêlée de crainte, d'une pointe d'envie et de fascination pour ces nomades issus de l'Inde du sud qu'on appelle Tziganes à l'est, Manouches au Nord, Gitans au sud ou Tinkers en Irlande...
 
À l'Est, on a voulu les sédentariser de force, tout en les soumettant, aujourd'hui encore à des discriminations infâmantes. En France, une majorité de communes refuse obstinément d'appliquer la loi Besson en mettant des espaces à leur disposition. Sans parler de celles qui, comme Bordeaux, les laissent croupir sur des terrains dangereusement pollués aux métaux lourds...

Qui sait qu'ils ont été les premiers à se voir imposer des papiers d'identité au début du siècle dernier, par mesure de contrôle, et qu'aujourd'hui encore, ils sont soumis à un traitement différencié avec l'obligation quand ils sont nomades, de détenir un carnet d'identité à faire viser régulièrement par la police ou gendarmerie ? Qui se souvient qu'ils ont péri massivement dans les camps d'extermination nazis ?

Oh, il ne s'agit pas ici de tomber dans l'angélisme; bien sûr qu'elle existe, la délinquance des Roms... Statistiquement, ni plus ni moins que dans l'ensemble de la population et bien sûr qu'on assiste souvent à la la mendicité forcée des femmes et des gamins dans les rues.

Mais on pourrait tout de même s'interroger sur le miroir qu'ils nous tendent, ces irréductibles.

Sur la schizophrénie d'une société obsédée par l'ordre et le contrôle mais qui vibre aux films de Tony Gatlif, de Kusturica, programme des Nuits tziganes dans ce qu'elle ose appeler des "cabarets sauvages" ou la Cité de la musique, et fantasme toujours sur Carmen...

Sur le symbole persistant, la vraie altérité culturelle que représente ce peuple de promeneurs*, véritablement européen, et sur l'incapacité de l'Europe à reconnaître la plus élémentaire dignité à ce qui est aujourd'hui la minorité la plus importante de l'Union européenne à 27.




Collectif DEL
sur un billet de Valdo


*Indispensable : lire le magnifique "Un peuple de promeneurs" d'Alexandre Romanès et, pour ceux qui veulent creuser la question, la revue "Études tziganes".

27/11/2007

Le prétexte

Pas de parti-pris et pas de conclusions hâtives.

Restons factuels et objectifs.

Villiers le Bel. Un pocket-bike, un croisement, une bagnole. Deux gamins morts. C'est un fait divers.

Villiers le Bel. Un pocket-bike, un croisement, une bagnole de flics. C'est un prétexte.

Un prétexte pour des gens qui n'ont aucun respect pour ces deux gosses morts sur la chaussée et qui cherchaient l'étincelle. Celle qui embrase les mentalités et qui déchaine les haines.

Celle des crétins qui voulaient faire parler d'eux en crâmant les caisses de leurs voisins de palier et en mettant à bas ceux qui sont déjà au pied de l'échelle !

Celle des crétins qui vont pouvoir réclamer encore plus de sécuritaire, davantage de contrôles, encore plus de répression.

Celle des crétins qui s'emmerdaient dans leur rédactions et qui vont pouvoir se la jouer grand reporter, "pullitzer des banlieues" en accablant encore une fois les cités et en enfilant leur gilet pare-balle, leur casquette de GI, et leur brassard presse.

Un prétexte...

Et deux morts dont on ne parle presque plus déjà. Deux pauvres gamins qui faisaient les fous, comme tous les adolescents... Un destin tragique. Mais sachons surtout raison garder...

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Collectif DEL
sur une idée de Serval et cui cui

25/11/2007

Antisocial, tu perds ton sang froid ?

Sur la grève finie, Charles Brenner (un journaliste anglais nostalgique de Thatcher), juge sévèrement la France dans le Figaro.

Ah, les adorateurs de la Dame de Fer dérégulée…

(Oui, vous savez, la dérégulation que, à l'imitation de Ronnie and Maggie, pratiquent nos cailleras refusant toutes règles au principe de « pourquoi eux et pas nous »).

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- Dans Marianne, que d'aucuns persistent à prendre pour un brûlot d'extrême-gauche, Maurice Szafran cite un certain Anthony Giddens, « concepteur du blairisme » (heu… du thatchéro-blairisme ?).

Il commence par lui reprocher une « faiblesse » : faire « une nouvelle fois l'impasse sur la question sociale ». Encore heureux, mais il reprend quand même en tout illogisme un des sept « principes capitaux » (pourquoi il a pas dit « péchés capitaux », Momo ?) qu'il conseille à nos socialo-ectoplasmes d'appliquer :

« Privilégier la lutte contre le crime et les comportements anti-sociaux qui peuvent être provoqués par l'extrême pauvreté ».

Oui, vous avez bien lu la phrase en entier...

Lutter contre le crime et les comportements anti-sociaux (qui serait contre ?), MAIS pas contre l'extrême pauvreté (là, Giddens and co s'en foutent).

L'extrême pauvreté, c'est, par exemple, cette Anglaise condamnée à 2 mois de taule parce que sa fille n'allait plus à l'école (pas le père, bien sûr : dans les galères, les courageux mâles se barrent). On la vit à la télé, repentante, brisée par la honte. Maigre, édentée, encore jeune et déjà vieille. On se serait cru chez Dickens, auteur du XIX° siècle.

Lutter contre les effets, pas contre les causes qui produisent les effets...

La marmite bout ? Appuyons sur le couvercle. Et un jour, ça saute. L'histoire a déjà vu des révoltes, hélas sanglantes, hélas féroces, provoquées par l'extrême pauvreté. En France, on appelait ça des jacqueries.

"Oui mais ça branle dans le manche
Les mauvais jours finiront
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s'y mettront"

Quand tous les pauvres s'y mettront…

(La Semaine sanglante, paroles.net)

JD

24/11/2007

Je m'appelle Grenelle.

Je m'appelle Grenelle et je suis une commune rebelle. Depuis -52 dans la plaine de Garanella où les troupes gauloises se sont faites fumer face aux légions romaines, jusqu'à l'annexion à Paris en 1860 de ma commune, en passant par la séparation trente ans plus tôt avec "ceux" de Vaugirard à cause d'une obscure question de reverbère.

Oui, moi Grenelle j'ai gagné mes galons, jalon par jalon.

Vous croyez le siège du monde à l'OTAN, l'ONU, le FMI, le CIO ou chez votre coiffeuse qui sait si bien commenter "Voici" à des polyarthritiques à cheveux bleus ?

Non. Le siège du monde est ici, chez moi, à Grenelle.

Tout le monde se retrouve chez moi depuis 1968 et ces fameux accords qui ont permis au pouvoir en place de rester le pouvoir en place. Et même si on se réunit à 200 km, je reste un état d'esprit...

Ca doit être ça finalement, l'esprit Grenelle...

On se réunit tous, n'importe où, sur n'importe quel sujet (l'environnement, les pauvres, la santé, la qualité comparée entre la vache qui rit et la vache grosjean...), on se prend en photo, l'air docte ou décontracté, on sort des propositions qu'on fait applaudir à grands coups de feuilles bruissantes et de reportages dithyrambiques en n'oubliant pas de s'appeller "Grenelle".

Et puis rien... On permet juste au pouvoir en place de rester le pouvoir en place. Sans rien changer.

Moi, Grenelle, à force de galvauder mon nom, de le mettre à toutes les sauces pour se donner une pseudo-idée de Révolution et de consensus, je devrais adopter comme devise les paroles de Coubertin : "l'important c'est de participer".

C'est bien ce qu'on dit à ceux qui perdent non ?

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Collectif DEL
sur un billet de Serval

23/11/2007

Borloo ou l'art de la demi-mesure réussie à 120 %

Il y a à peu près 2 ans, jour pour jour, Jean Louis Borloo, avec la discrétion dont il est coutumier nous annonçait une mesure sans précédent. Rappelez vous les amis : la livraison clefs en main d'une maison individuelle pour le prix modique, tenez vous bien, de 100.000 €, terrain compris ! Oui vous avez bien lu ! ! ! Les télés, les radios, la presse écrite avaient hurlé au génie ! Enfin ! Les sans grades, le petit peuple, les gens des cités qui possédaient quelques économies allaient pouvoir devenir propriétaires ! ! !
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Et notre ami Borloo, modeste comme à son habitude, de plastronner pour présenter son projet révolutionnaire ! C'était une mesure abracadabrantesquement fabuleuse pour favoriser l'accession à la propriété des plus humbles d'entre nous ! Bénis étaient le président Chirac et son prophète Villepin ! Un rêve à la portée de tous les Français ! Chacun son petit pavillon pas cher… Bref le Grenelle du logement avec le grenier en plus. Les prévisions faisaient état d'une production de 20 à 30.000 maisons par an ! Rien que ça !
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Résultat : seulement 800 maisons seront peut-être construites l'année prochaine et au prix de 120.000 € (20 % de plus, ce n'est pas encore le double des clefs, mais ça ne va pas simplifier la remise du trousseau). Selon un article du Monde du 16/11 (discret) le groupe de 30 communes qui parrainait l'opération a changé de dénomination et « l'Association des maisons à 100.000 € » s'est transformée en « Association française d'accession à la propriété », l'AFAP…
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Moralité : quand vous êtes ministre, faites du battage médiatique, les journalistes seront toujours présents pour favoriser vos effets d'annonces mais pas trop regardants pour vérifier l'application ultérieure de ces mesures. C'est beau comme la liberté d'expression, le journalisme à la française ! C'est l'inflation l'intention qui compte, on est pas à 29.200 maisons près… Mais googueulisez « loi Borloo » et vous comprendrez peut être pourquoi c'est si abracadabrantesque.

 

 

Collectif DEL

sur un billet de cui cui

illustré par Skalpa

 

sources : "Le Monde" du 16/11/07 et "Le Canard enchaîné" du 21/11/07

22/11/2007

Hexagone + 27

C'était il a 27 ans... À l'époque cette chanson de Renaud avait été interdite en radio et télé pour cause d'offense au Président de la République (Giscard).

Pensez vous que la situation ait changé ? Mais surtout qu'avons nous fait en 27 ans ?

Collectif DEL



Ils s'embrassent au mois de Janvier,
car une nouvelle année commence,
mais depuis des éternités
l'a pas tell'ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
y a qu'le décor qui évolue,
la mentalité est la même :
tous des tocards, tous des faux culs.

Ils sont pas lourds, en février,
à se souvenir de Charonne,
des matraqueurs assermentés
qui fignolèrent leur besogne,
la France est un pays de flics,
à tous les coins d'rue y'en a 100,
pour faire règner l'ordre public
ils assassinent impunément.

Quand on exécute au mois d'mars,
de l'autr' côté des Pyrénées,
un arnachiste du Pays basque,
pour lui apprendre à s'révolter,
ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
de cette immonde mise à mort,
mais ils oublient qu'la guillotine
chez nous aussi fonctionne encore.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
et le roi des cons, sur son trône,
j'parierai pas qu'il est all'mand.

On leur a dit, au mois d'avril,
à la télé, dans les journaux,
de pas se découvrir d'un fil,
que l'printemps c'était pour bientôt,
les vieux principes du seizième siècle,
et les vieilles traditions débiles,
ils les appliquent tous à la lettre,
y m'font pitié ces imbéciles.

Ils se souviennent, au mois de mai,
d'un sang qui coula rouge et noir,
d'une révolution manquée
qui faillit renverser l'Histoire,
j'me souviens surtout d'ces moutons,
effrayés par la Liberté,
s'en allant voter par millions
pour l'ordre et la sécurité.

Ils commémorent au mois de juin
un débarquement d'Normandie,
ils pensent au brave soldat ricain
qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
ils oublient qu'à l'abri des bombes,
les Francais criaient "Vive Pétain",
qu'ils étaient bien planqués à Londres,
qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas la gloire, en vérité,
et le roi des cons, sur son trône,
me dites pas qu'il est portugais.

Ils font la fête au mois d'juillet,
en souv'nir d'une révolution,
qui n'a jamais éliminé
la misère et l'exploitation,
ils s'abreuvent de bals populaires,
d'feux d'artifice et de flonflons,
ils pensent oublier dans la bière
qu'ils sont gouvernés comme des pions.

Au mois d'août c'est la liberté,
après une longue année d'usine,
ils crient : "Vive les congés payés",
ils oublient un peu la machine,
en Espagne, en Grèce ou en France,
ils vont polluer toutes les plages,
et par leur unique présence,
abîmer tous les paysages.

Lorsqu'en septembre on assassine,
un peuple et une liberté,
au cœur de l'Amérique latine,
ils sont pas nombreux à gueuler,
un ambassadeur se ramène,
bras ouverts il est accueilli,
le fascisme c'est la gangrène
à Santiago comme à Paris.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est vraiment pas une sinécure,
et le roi des cons, sur son trône,
il est français, ça j'en suis sûr.

Finies les vendanges en octobre,
le raisin fermente en tonneaux,
ils sont très fiers de leurs vignobles,
leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux",
ils exportent le sang de la terre
un peu partout à l'étranger,
leur pinard et leur camembert
c'est leur seule gloire à ces tarés.

En Novembre, au salon d'l'auto,
ils vont admirer par milliers
l'dernier modèle de chez Peugeot,
qu'ils pourront jamais se payer,
la bagnole, la télé, l'tiercé,
c'est l'opium du peuple de France,
lui supprimer c'est le tuer,
c'est une drogue à accoutumance.

En décembre c'est l'apothéose,
la grande bouffe et les p'tits cadeaux,
ils sont toujours aussi moroses,
mais y a d'la joie dans les ghettos,
la Terre peut s'arrêter d'tourner,
ils rat'ront pas leur réveillon;
moi j'voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons.

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
on peut pas dire qu'ca soit bandant
si l'roi des cons perdait son trône,
y aurait 50 millions de prétendants.

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21/11/2007

Mais il est où Azouz Begag ?

Disparu, envolé dans les limbes des législatives ratées. Et pourtant. un gars comme ça, sympa, cool, un peu neuneu (ben oui faut l'être un peu pour porter des rouflaquettes façon Guynemer et être fan de Cerrone).

Et voila...

Azouz Begag :

Doctorat en économie de l'université Lyon 2, Chercheur au CNRS et à la Maison des Sciences Sociales et Humaines de Lyon depuis 1980, spécialiste en socio-économie urbaine, auteur d'une vingtaine de livres dont la plupart ont pour sujet les différents problèmes auxquels sont confrontés les jeunes d'origine maghrébine, pris entre deux cultures aussi bien qu'entre tradition et modernisme : pauvreté, racisme, chômage, auto-destruction, désespoir, ancien ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances qui a démissionné du gouvernement le jeudi 5 avril 2007.

Je passe sur les altercations avec le ministre de l'Interieur... De l'époque.

Depuis, Azouz a disparu.

Bref, on a eu un gars "ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances" (honnêtement, rien que le titre m'amuse...), et aujourd'hui on a un gouvernement promu "à l'inégalité des malchanceux"... Et là ça ne m'amuse plus...

Mais qui en veut autant aux fans de Cerrone ?



Serval

20/11/2007

Europe : le continent sans voix

Not' Président a déclaré : "La France a juste précédé les autres pays en votant non au référendum européen. Cela se passerait de la même manière s'il y avait un référendum dans n'importe quel pays membre de l'Union européenne. IL Y A UN CLIVAGE ENTRE LES PEUPLES ET LES GOUVERNEMENTS".

Et d'ajouter : "un référendum maintenant, mettrait l'Europe en danger…"
http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2007...

Traduisons la pensée de Not'Président :

"Les peuples européens sont obtus, d'une ignorance notoire et peu à même de juger l'intérêt suprême de l'UE, alors que leurs dirigeants et leurs élites sont de grands visionnaires et seuls capables de proposer un destin à l'Europe des 27…".
http://constitution-europeenne.info/special/pays-bas_ref....

Louées (et c'est pas du poulet), soient nos élites sans lesquelles cette entité européenne n'aurait d'avenir, et ne prendrait couleur (sauf magenta), que grâce à elles !

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Ce faisant nos élites rendent caduque un résultat démocratique qui a eu lieu deux ans auparavant et nous montrent à nous le "bon peuple" de moins en moins crédule sur l'aspect démocratique de notre société tous ces maux qui favorisent insidieusement l'extrémisme. Bref nous "Le peuple" avons de plus en plus la sensation que notre opinion est négligeable sauf une fois tous les 5 ans…

Car l'Europe qu'on nous prépare ressemblera de toute façon étrangement à celle d'aujourd'hui, avec sa bureaucratie tentaculaire, ses règlements interminables, une absence patente de volonté politique (voir billets précédents sur le DEL) et cantonnée à un rôle de second couteau sur la scène internationale. Un cheval de Troie des organismes supranationaux sans aucune légitimité démocratique, comme l'OMC et l'OCDE. Et un croupion de l'OTAN...

L'Europe des marchands avant celles des hommes… Mais il en a toujours été ainsi depuis sa création. Hélas.

Car peut on gouverner à 27 nations aussi peu homogènes dont la plupart ne cache pas que leur entrée dans l'Europe correspond seulement à un souhait : celui d'accéder au grand marché Européen, faisant fi d'une politique commune voire s'alignant sur l'hégémonie des USA ?

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Alors...

Faut il recréer à l'intérieur de cette hydre monstrueuse de 27 têtes, un vrai projet d'une petite Europe avec une diplomatie, une armée, une justice, des lois sociales et des taxes communes et la limiter dans un premier temps tout au moins aux pays volontaires pour un approfondissement ?

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Et, au moins, transférer les pouvoirs exorbitants de la Commission en direction du Parlement, démocratiquement élu ?

Faut il  se résigner à ce que l'Europe ne soit qu'un marché, ouvert aux marchandises et fermé aux populations ?

 

Collectif DEL
sur un billet de cui cui

 
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