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29/12/2007

Le fournisseur du Père Noël est une ordure.

C'est toujours Noël chez Toys"R"Us, un des plus grands fournisseurs du Père Noël.

Ce Père Noël, ce fameux Père Noël faussement imputé à l'esprit commercial de Coca Cola qui devrait regarder à deux fois avant de sélectionner ses fournisseurs.

Parce que l'esprit généreux et caritatif de Noël, figurez-vous que Toys"R"Us s'en contrefiche royalement. Surtout depuis son rachat le 21 juillet 2005 par un consortium de fonds d'investissement.

Ça se passe comme ça chez Toys"R"Us, on commence par gâter de moins en moins les salariés... Et ces derniers râlent :

 

 

Bon... Jusque là, rien de bien grave dans notre joyeux monde, me direz-vous. Parce que le Père Noël, en bon libéral qu'il est, n'hésite pas non plus à faire travailler gratuitement de gentils petits lutins, n'est-ce pas ?

Mais au moins jusqu'à présent avions-nous droit au respect des oeuvres caritatives.

C'est ainsi que des associations bénéficiaient de la mise à disposition d'emballage cadeau et d'un emplacement pour récolter des fonds en réalisant les paquets.

Fini. Stop. Terminé. Le Père Noël est peut-être généreux mais pas son fournisseur. Sur un ordre du siège le magasin de Bordeaux a estimé qu' "il faut bien répercuter le prix du papier cadeau mis à la disposition de l'association". Comme l'écrit Marianne n°557-558 en page 35 : "en clair, ce qui était jusqu'alors gratuit pour les clients sera payé par ceux qui quêtent pour les plus démunis".

Les Blouses roses, une association de Dijon, ont donc dû débourser 1800€, près du quart de leur collecte de 2006 sans pouvoir refuser l'accord car il s'agit de leur seule source de financement. À Nantes, les Restos du Coeur ont payé plusieurs milliers d'€uro mais Sylvie Rateau, la présidente, ne s'y fera pas reprendre. À Bordeaux, une association au service des enfants hospitalisés, Dépannage Distraction, a plié sans rien dire.

Cerise sur la bûche de Noël : la direction du magasin de Bordeaux a demandé en plus aux bénévoles présents de préparer les paquets des 200 comités d'entreprise qui s'approvisionnent chez lui. D'une simple répercussion des frais à une mise en coupe réglée de l'humanitaire, c'est le gouffre que le magasin a osé franchir, estime Marianne...

Moi aussi.

Le fournisseur du Père Noël est bel et bien une ordure.

 

12:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (55) | Tags : Toys"R"Us, Noël

27/12/2007

UIMM et Tracfin : transparence jusqu'à l'effacement de données ?

C'est Marianne numéro double 557-558 en page 28 qui nous l'apprend en posant une question qui fâche : le ministère des Finances cacherait-il d'inavouables secrets ?

D'après la version officielle c'est la cellule de traque anti-blanchiment Tracfin qui aurait alerté sur les retraits en liquide de l'UIMM.

Sauf que.

Sauf que François Werner (biographie.pdf), le patron de Tracfin, a remis aux policiers chargés de l'enquête, lors d'une perquisition le 13 décembre qualifiée par l'hebdomadaire de "courtoise", des documents bancaires qu'il avait "oublié" de remettre au procureur de la République de Paris.

C'est là que commencent les surprises. Les policiers n'ont pu relever aucun enregistrement informatique du dossier. Aucun fichier, aucune note, aucun document n'a été retrouvé sur les ordinateurs des fonctionnaires ayant eu à traiter ce dossier. Seule une "synthèse papier" existerait et, comme le relève à juste titre Marianne, comment expliquer alors les déclarations comme quoi il aurait été effectué de "longues et minutieuses investigations" ? Évidemment, ce non-constat a conduit le juge Roger Le Loire à demander une expertise des disques durs de plusieurs ordinateurs de Tracfin (techniquement il est possible de retrouver les données d'un disque dur même si elles ont été effacées, formatées et écrasées plusieurs fois).

Plusieurs questions restent toutefois en suspens : François Werner est un ami proche de Jean-François Copé, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget en 1993. Tracfin a été alerté dès 2004 par la BNP des retraits en liquide de Denis Gautier-Sauvagnac mais il aurait été alors donné consigne de mettre le dossier en attente. Sans aucune "note ministérielle" cependant selon une source proche du dossier et de l'inquisition...

Mais pis. Aucune enquête sérieuse n'a été menée par Tracfin qui n'aurait même pas consulté le fichier des comptes bancaires, ce qui aurait permis de constater que l'UIMM disposait d'au moins une dizaine de comptes bancaires sur lesquels ont été effectués plus de 20 millions d'€uro de retraits en liquide.

Christine Lagarde, ministre des Finances a fait savoir que Tracfin ne ferait aucun commentaire avant même que son patron ne réagisse.

Les disques durs des ordinateurs vont-il parler et peuvent-ils mettre en ébullition les coulisses du pouvoir ?

À suivre...

24/12/2007

Nicolas Sarkozy et vie privée : Noël en décembre.

Sans tomber dans la psychologie de comptoir, on peut raisonnablement penser que ce qui caractérise l'action de Nicolas Sarkozy est l'obsession du challenge. Peut-être est-ce même cela qu'il appelle la rupture. Faire mieux, faire plus, faire plus vite et plus voyant que ses prédécesseurs et homologues. Cela constitue-t-il une action politique dans la durée ? Comment élaborer une politique cohérente en recherchant constamment le coup d'éclat ? Quel prix à payer ?

Cécilia était la "femme de" (j'adore cette expression), il l'a voulue et il l'a eue. Elle n'aimait pas les projecteurs et les ors du pouvoir, c'était donc incompatible avec la vision du président. Elle est en conséquence devenue la "femme deux".

Plus haut, plus fort, plus visible et plus clinquant… Carla Bruni représente-t-elle un nouveau challenge : garder auprès de lui la beauté italienne à la réputation de croqueuse d'hommes ? En commençant par un beau cadeau ?

Le couple passera Noël en Égypte. Ça a le goût du pipole, ça ressemble à du pipole mais c'est du pipole. Et le moins que l'on puisse dire est que ça ne laisse pas indifférent, surtout les journalistes. Si les Français jugent d'ordre privé cette divine idylle, ils sont tout de même nombreux à penser que Nicolas Sarkozy surexpose sa vie privée même si cela ne détériore que très peu l'image qu'ils ont de lui.

Nous lui souhaiterons donc, comme à tout le monde, de joyeuses fêtes et un bon Noël. À moins que ce voyage ne vienne à être perturbé par l'Arche de Zoé ou la libération d'Ingrid Bétancourt.

Au fait Monsieur le Président… Il y a peut-être un détour à faire par le Niger, non ?

Mais bon, zou… Ne soyons pas bégueules. Un petit séjour au soleil en charmante compagnie, c'est dans l'ordre des choses. Pipoliser plus pour présider plus.

Joyeux Noël, Monsieur le Président.

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Joyeux Noël à tous. 

 

22/12/2007

Permis d’aider ?

L’initiative de certaines municipalités favorisant l’accès au permis de conduire pour les jeunes ne peut qu’être encouragée.

La mise en place du permis à points ainsi que le coût exorbitant de l’obtention du feuillet rose font que de plus en plus de personnes conduisent en infraction.

Quand on sait ce qu’il peut en coûter, on ne saurait qu’approuver ce genre de démarche.

Outre le fait que cela permet d’être en règle, le permis est aussi un des facteurs permettant  de lutter conte l’exclusion.
Combien de gens ne peuvent se rendre à des entretiens d’embauche faute de moyen de locomotion (les transports en commun ne maillent pas tout le territoire, loin s’en faut) ?

Combien de gens perdent leur travail pour cause de retrait ou de suspension de permis (il devient de plus en plus difficile d’aménager les peines) ?

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Mais il ne faut pas se focaliser sur ce seul aspect de la légalité.

L’initiative des municipalités permet aussi aux jeunes de démontrer qu’ils peuvent être « utiles ».

Car rien n’étant gratuit (nous le savons tous), il leur est demandé une contrepartie qui au lieu d’être simplement financière est « citoyenne ».

En échange du fameux sésame, il leur est demandé des Travaux d’Intérêt Général (TIG). La nature de ces TIG peut se décliner à l’infini mais son but principal est de présenter un intérêt pour la vie de la Cité. Ce peut être une aide aux personnes âgées, une aide aux devoirs, l’organisation des kermesses…

Carrefour d'Expériences - Bénévolat et permis de conduire.

Donner pour recevoir : n’est ce pas une généreuse idée ?
Créer du lien social sous cette forme : n’est ce pas sortir du schéma « tous assistés » ?

(Je sens déjà poindre les mauvaises langues qui diront : « oué, avoir le permis c’est bien, mais après il faut une voiture, après il faut payer une assurance, après il faut mettre du carburant… » Oui Da, mais je répondrais à ceux là : « il faut qu’il y ait un début à tout »).

06:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (65)

20/12/2007

C'est la faute à Chirac.

La rupture selon Nicolas Sarkozy a consacré l'irrespect de la continuité de l'État, que ce soit par sa proximité avec George W. Bush (dont son alignement guerrier sur l'administration américaine vis à vis de l'Iran) ou l'affaire "Clearstream 2" (rappelons que l'affaire "Clearstream 1" a tout de même produit comme principale victime Denis Robert) dans laquelle un président de la République en exercice peut rester constitué partie civile.

Le traître finira toujours trahi. Ce fut le cas de Jacques chirac, pas encore de Nicolas Sarkozy mais ça ne tardera pas car la règle des 3 L (léchage, lachage, lynchage) a toujours été observée tant les relations en France entre médias, finance et politique sont incestueuses.

Mais avec l'affaire Jean-Paul Bolufer, le bras droit de Christine Boutin (ministre du Logement et de la Ville) qui loue un appartement 3 à 4 fois moins cher que le tarif du marché mais vitupère contre les soi-disant privilégiés du logement social, on atteint probablement un sommet de mauvaise foi, digne d'un champion du monde de foutage de gueule comme écrirait avec son talent inimitable mon voisin Sébastien Fontenelle.

Il faut le comprendre, le sieur.

C'est la faute à Jacques Chirac.

 

 

Et si au lieu de tuer le père constamment, on en prenait les conclusions qui s'imposent et assumait ses responsabilités collectives ?

Et les rats quiteront le navire... Probablement... Peut-être... Utopiquement...

Déontologiquement.

 

José

Merci à skalpa pour le lien vidéo

18/12/2007

Rendre le travail aux jeunes.

Les jugements lapidaires concernant les rapports de nos jeunes au travail relèvent non pas d'une nouvelle mentalité de notre jeunesse mais de l'incapacité des entreprises à s'adapter à leurs attentes. Pour comprendre ce fossé il s'agit de retourner les clichés et de les développer conformément à ce que la nouvelle génération attend pour sa vie future. De ces à priori (ils n'aiment pas le travail, ils relèguent le travail à un niveau secondaire et refusent l'autorité) que pouvons-nous tirer comme constats et enseignements ?

L'ordre selon lequel ces clichés doivent être traités est important si l'on veut émettre un raisonnement valide pour la construction d'une vie.

Le refus de l'autorité.

Commençons par définir ce qu'est l'autorité et comment elle est perçue par les jeunes générations : pré-ados, ados et jeunes adultes. L'autorité première est l'autorité parentale et ne s'intègre que dans le champ commun de la communauté que constitue la famille, famille qui participe en son entier, ou le devrait, à l'éducation de l'enfant. L'objectif de l'éducation que nous dispensons à nos enfants peut se résumer sans tomber dans une simplification abusive à un transfert progressif d'autonomie. À la naissance l'enfant ne dispose d'aucune forme d'autonomie, sa dépendance est donc totale. La charge et l'objectif de tout parent sera, tout au long du processus d'éducation, de transférer progressivement cette autorité en la transformant en autonomie de l'enfant pour en faire un adulte. L'abandon volontaire de cette autorité parentale, pour être efficace, doit s'accompagner d'un respect réciproque équivalent. S'il est possible de revenir sur l'autonomie de l'enfant en fonction de son degré de mâturité et des aléas de l'adolescence, il faut impérativement garder à l'esprit que l'autorité est un état et le respect le sentiment qui en découle. L'autorité naturelle ne se décrète pas, elle s'acquiert par le respect et est librement accordée par celui qui y consent. En cas d'incompréhension majeure et de perte des repères essentiels, la solution trop souvent malheureusement adoptée est de renforcer les oppositions en exacerbant non pas l'état mais le sentiment. C'est ainsi qu'insidieusement se transforment l'autorité et le respect en ce qu'ils ont de plus antagonistes, la crainte et la peur. Ce phénomène peut d'ailleurs se produire tant chez les parents que chez les enfants. Ce processus, valable au sein de la famille, est-il transposable en dehors de ce cadre ?

Les difficultés scolaires que rencontrent nos enfants, sauf bien entendu cas exceptionnels, sont pour la plupart dues à l'incompétence, individuelle ou collective, du système enseignant. Qu'il s'agisse d'une incompétence professionnelle conduisant au désintérêt de l'enfant ou relationnelle menant à la défiance voire à l'opposition. On peut ainsi légitimement postuler qu'autorité, compétence et respect réciproque sont intimement liés (les rapports entre nos jeunes et nos forces de l'ordre, par exemple, relèvent de façon flagrante de la rupture de ce lien). S'insérer de façon satisfaisante au sein d'une société quelle qu'elle soit suppose donc d'accepter l'équilibre, les limites et la reconnaissance proposés entre respect et autorité d'un coté, compétence et autonomie de l'autre.


Le travail relégué sur un plan secondaire.

Les jeunes arrivant aujourd'hui sur le marché du travail ne sont pas les adultes des Trente Glorieuses en moins vieux. Ils sont confrontés à l'instabilité professionnelle, à une expérience qui se périme beaucoup plus vite face aux révolutions technologiques et savent qu'ils mettront beaucoup plus de temps à se stabiliser professionnellement, s'ils y arrivent. Pourtant, ils s'adaptent et n'ont, semble-t-il, pas de mal à intégrer ces évolutions dans leur raisonnement. Comment expliquer alors que le taux de chômage de notre jeunesse (environ 20%) reste l'un des plus élevés d'Europe ? Le problème ne tiendrait-il qu'à eux ? Les entreprises ont-elles adapté leur fonctionnement aux évolutions de la société ? Qu'en est-il des relations hiérarchiques, des modes d'organisation et de fonctionnement ? Le refus du télétravail, exemple significatif, n'est-il pas assimilable à un refus d'autonomie ?

D'autre part la précarité salariale, le retour chronique aux périodes de chômage, les formations professionnelles ne débouchant sur rien de concret, les stages où ils auront eu l'impression souvent justifiée de remplir les tâches dont personne d'autre ne voulait, etc. ne peuvent que les conduire à rechercher une stabilité autre que professionnelle. Si l'on ajoute à cela la précarité de la famille, celle que l'on quitte comme celle que l'on crée, on peut facilement conclure que l'avenir se bricole plus aujourd'hui dans l'approximation qu'il ne se construit durablement.

Le travail n'est donc plus aujourd'hui une vertu car il n'assure plus à coup sûr ni sécurité ni stabilité. Pour autant, assimiler cette défiance à de la paresse serait une erreur. Les jeunes sont prêts à l'effort pour peu que l'on y adjoigne du plaisir et de la reconnaissance, que l'on souligne leur utilité et qu'on les en gratifie eux-mêmes et non leur supérieur (ce qui nous renvoie à la défiance vis à vis d'une autorité incompétente). Personne ne peut accepter de voir les fruits de ses efforts accaparés par d'autres et ce genre de situation ne peut que conduire à une démission par le moindre effort ou effective pour trouver plus gratifiant ailleurs.

Nous devons aussi nous poser la question de savoir si la quantité de travail reste une référence. Comment intégrer le fait de voir tant de gens compétents, ayant travaillé jusqu'à des heures indues et rentrant exténués de leur journée de labeur se faire licencier, dans une vision valorisante du travail et de l'effort ? La fatigue ne paie plus et c'est tant mieux. Les jeunes générations ont parfaitement intégré les progrès technologiques conduisant à l'allègement de l'effort du travail que nous avons voulus et élaborés. Pourquoi le leur reprocher ? Le refus d'horaires épuisants ne doit donc pas être interprété comme de la faineantise mais comme une recherche d'équilibre et devrait plus nous rassurer que nous indisposer.


Le désamour du travail.

Comme je l'ai écrit plus haut, il n'y a pas à mon sens une perte de la valeur "travail" chez nos jeunes mais bel et bien l'inverse, c'est à dire une chute de la valeur "jeunes" au sein du monde du travail. Les compétences sont de moins en moins reconnues et sont remplacées par des critères de flexibilité, par des statuts précaires et par l'opposition entre salariés. Lorsqu'une entreprise préfère garder un employé en CDI plutôt qu'un autre plus compétent en CDD, tout simplement parce que le premier couterait trop cher à licencier, comment se plaindre d'une certaine défiance et ne pas admettre un certain triomphe de l'incompétence ? Les ambitions de notre jeunesse ont été largement revues à la baisse puisque, pour la première fois depuis bien longtemps, nous vivons une période où nous avons peur de laisser à nos descendants un monde plus instable et moins sûr que celui que nous avons connu, bâti sur la quasi-unique valeur travail. Nous ne pouvons non plus nous plaindre que, tout en cherchant à les pousser à la consommation, ils veuillent en trouver le temps et le loisir. Face à ces contradictions, force nous est de constater que notre jeunesse fait bien plus preuve d'imagination et d'adaptation que nous ne le faisons à leur égard.

Contrairement aux discours pessimistes qui nous annoncent un conflit de générations sur le problème des retraites, les jeunes ne nous reprochent pas le monde que nous leur avons laissé mais surtout notre incompréhension de la société qui se profile et qu'ils ont, eux, assimilée. Ce qu'ils nous expriment ne reflète pas de la paresse ou de la rancoeur mais notre incapacité à modeler ce dont nous disposons en fonction de leurs attentes. Ils ressentent que nous utilisons nos outils, nos entreprises et nos institutions avec une autorité révolue qui confine au refus de l'achèvement de leur autonomie. En transformant l'assistance légitime à laquelle ils ont droit en un assistanat chargé de condescendance nous avons perdu une partie de leur confiance et par là même de notre autorité.

Il n'est pas trop tard. Il n'est jamais trop tard pour la jeunesse.

Mais il est plus que temps.



José
Un long billet largement inspiré par un dossier du Club des Vigilants.

16/12/2007

Chroniques du divin marché

CHRONIQUES DES HAUTES SPHERES DU DIVIN MARCHÉ

Car la Vie n'est pas un long fleuve tranquille dans l'Olympie libérale.

ÉVANGILE SELON SAINT-JEAN

Il y a 100 ans naissait Jean Fourastié.

Il a écrit un des nombreux évangiles de Notre Divin Marché intitulé le Grand Espoir du XXème siècle. Jean-Pierre Chamoux (mécréante que je suis, je n'ai pas investi dans la lecture de ce pieux ouvrage et vous livre l'explication de texte d'un docte théologien-économiste de l'Université Paris Descartes) nous explique que dans cette Sainte Ecriture, Jean, visionnaire réaliste, « démontre que l'efficacité du travail humain, démultipliée par le progrès technique augmente très vite. Cela s'appelle la productivité. Quand elle croît, notre travail est mieux payé, notre niveau de vie augmente, les entreprises investissent, ce qui accélère encore le progrès. Ce qui explique notre enrichissement ». Dans sa Lettre aux libéraliciens qu'est son ouvrage les « 40 000 heures », Jean prédit « qu'au-delà d'une certaine richesse, les hommes voudront aussi profiter de la vie ». Il prophétise « une société de services et de loisirs pour le milieu du XXIème siècle, société dans laquelle les hommes travailleront 30 heures par semaines, 40 semaines par an, s'informeront mieux sur le monde et s'intéresseront plus aux autres » (cela m'a presque donné envie de me convertir).

Il convient donc que tous les adeptes libéraux luttent ensemble contre les Hérétiques qui prônent dans leur
secte obscurantiste le « Travailler plus pour gagner plus ».

Espèrons que, lors du concile de Toya, les disciples sauront remettre les évangiles à l'heure.

Sinon ce schisme risque d'avoir des conséquences apocalyptiques sur tous les croyants et impies, dépendants des dogmes du Divin Marché... Et nous privera du Paradis Terrestre Libéral annoncé par Saint-Jean-Fourastié.

 

 

Le Village des NRV

by Nef 

15/12/2007

Le bonneteau

Bienvenue dans la partie de bonneteau ! Misez donc, c'est facile, il ne faut simplement pas perdre de vue la dame de coeur.

Mais l'important ce n'est pas cette carte. Ce sont les deux autres...

Tenez par exemple cet amendement voté dans la nuit du 11 décembre.

Voila bien la preuve que pour l'État les malades, les personnes agées, sont un poids, et qu'ils comptent bien se faire rembourser les quelques deniers qu'ils leurs attribuent à grand renfort de propagande. Et ce n'est pas seulement la perte de beaucoup d'acquis sociaux, mais aussi la culpabilisation de n'être pas bien portant, productif, actif.

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Il a fallu une levée de boucliers des professionnels du secteur pour que le gouvernement ne retire in-extrémis à l'Assemblée Nationale le texte du Sénat... Prouvant ainsi que seule une mobilisation peut le faire reculer.

Mais comment, vous ne l'aviez pas vu ? C'est normal, cela fait une semaine qu'on vous trimbale Khadafi sur toutes les chaînes. À croire que les 10 milliards d'€uro de contrats dont le gouvernement se targue sont en fait 10 milliards d'économies sur les prestations sociales à venir.

Voila c'est ça le bonneteau... Vous croyiez suivre la bonne carte ? Perdu...
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Autres aberrations (entre autres) qui passent aussi sans remous dans la partie de bonneteau :

* Le "travailler + pour gagner +, gagner +", Bon, pourquoi pas...

Mais au final, si vous êtes locataire d'un HLM vous allez risquer de devoir le quitter ou de voir votre loyer être revalorisé suivant votre situation fiscale...

* Les heures supplémentaires non imposables...pourquoi pas...

Sauf que même si vous n'êtes pas imposable sur ces heures, elles comptent dans votre revenu et donc vous allez voir votre prime pour l'emploi diminuer, voire disparaître, vos allocations logement aussi, ainsi que votre prime de rentrée scolaire si vous avez un enfant scolarisé également.
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Combien d'autres aides se verront supprimer par ce seul fait de gagner juste un peu + ?

Lorsque l'heure des comptes arrivera on s'apercevra qu'on a travaillé + pour gagner moins.

Et enfin, nouvelle mesure qui en annonce d'autres  beaucoup plus globales : les distributeurs de meubles qui pourront ouvrir tous les dimanches. Le lobby CONFO-IKÉA a gagné annonçant le début des ouvertures généralisées de tous les grands commerces le dimanche. Ouvertures qui seront probablement votées après les municipales. Du travail en plus pour divorcer plus (mais pour moins cher, bien sur)... Quant à gagner plus ? On demande à voir...

C'est cela l'art du bonneteau. Vous choisissez un comparse pour pigeonner et embrumer le client et plus il mise, moins il gagne...

Le Village des NRV
sur une idée de martine

10:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (61)

14/12/2007

Rebelle de caddie…

Et pourtant ils me font des yeux de velours… C'est fou comme les champions du sac échangeable à vie pour préserver la nature sont moins regardants sur la déforestation dès lors qu'il s'agit de bourrer à tour de bras les boites aux lettres de leurs prospectus chamarrés...

Mais c'est « Noyel » mon bon môssieur, c'est la joie, c'est la fête. C'est le moment des petits cadeaux et de la grande bouffe.

C'est le moment où on enrobe pour mieux dérober, celui où l'on s'emballe pour mieux se déballonner dans la forêt de sapins. Celui de la vie sociétale et de la joie partagée dans le papier doré et les guirlandes brillantes sous les reflets de la joie fabriquée.

C'est le moment où il faut consommer sa joie, la montrer en viles guirlandes à allumer sur son petit pavillon et qui font ressembler le moindre lotissement de banlieue à une version albanaise de Las Vegas.

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Celui où l'on sort les gigots et les escargots, le foie gras et le saumon comme si on n'avait pas le droit d'en consommer avant ce repas. Le jour où les dindes sont toutes ripolinées, apprêtées dans la même tenue de crèche pour accueillir le petit Jésus entre les rois mages et le fromage.

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C'est le moment des promos de fin d'année pour commerciaux ayant leur chiffre annuel à boucler. C'est le moment où l'on boit pour oublier le quotidien en s'étourdissant de paillettes.

Bref c'est le jour où l'on remplit son caddie à ras bord, quand d'habitude on le serre jusqu'à le faire ressembler à un panier d'osier, pour cause du manque de petite monnaie pour s'acheter le nécessaire le restant de l'année.
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Je hais Noël.

Je hais ces rendez-vous consuméristes ou l'on oublie l'esprit pour mieux célébrer le culte.

A propos de culte, les soldes ça commence le 9 janvier...

Le Village des NRV
by Serval

13/12/2007

Supplique d'un modeste citoyen à l'adresse de Marie-Antoinette Lagarde, Ministre des phynances de notre bon Roi.



Votre Seigneurie,

J'ai lu, sur le Parisien du 24 novembre dernier, qu'à partir du 1er janvier 2008 les contrôles techniques auxquels sont soumis les véhicules automobiles âgés de plus de cinq ans seront bien plus sévères et comporteront des examens bien plus approfondis…

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Les contrôles portaient sur dix points de sécurité depuis 2002, désormais dix-huit points seront examinés. Toute fuite d'huile intempestive, toute ceinture un peu fatiguée et des tas d'autres petits défauts conduiront invariablement à une contre-visite. L'augmentation du tarif de la visite, vu le supplément de temps passé, sera conséquent puisque la hausse serait de 30 %. Soit passer de 55€ à 70€… Et que de plus un contrôle technique non effectué est passible d'une amende de 90€ si d'aventure la maréchaussée diligentée par vos soins par l'entremise de la comtesse D'Alliot Marie s'avise de faire le tour du véhicule suspect.

J'attire l'attention de votre Altesse sur une mesure qui a particulièrement attiré mon attention et qui me consterne : les pare-buffles qui équipent certains 4X4 devront être homologués… C'est un terrible coup porté à nos amis riches qui risquent de s'exiler par millions de notre pays vers des contrées frontalières plus accueillantes… Et toutes autant dénuées de buffles.
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Votre Majesté princière n'ignore pas qu'un tiers des véhicules du petit peuple est âgé de plus de 10 ans et que beaucoup de ces véhicules sont nécessaires à leur dur labeur quotidien. Vous avez donc compris que la sévérité de l'examen va placer plus d'une famille modeste dans un terrible et cruel dilemme ! Et en ce moment, l'argent ne court pas les rues… Que faire ?

Aussi Madame, j'en appelle au bon sens dont vous faîtes si couramment preuve dans votre immense sagesse et votre empathie ardente avec les humbles.

Je vous propose donc, de libérer une prime pour que nos petites gens qui n'ont pas les moyens de se racheter une voiture, puissent tout de même s'offrir un vélo.
Et, afin de parfaire la cohésion sociale en notre beau pays, je propose que vous autorisassiez ces Français modestes à adapter sur ces vélos un pare-buffles !
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Ainsi, Français, riches et pauvres unis dans une solidarité patriotique, ne sentiraient plus de barrières sociales grâce à leurs pare-buffles, accessoires particulièrement utiles dans nos contrées.

Notre beau pays en serait tout ragaillardi et requinqué !

Je vous prie, votre Seigneurie, d'accepter la dévotion d'un petit citoyen médiocre et insignifiant.

Le village des NRV
by cui cui

 
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