Avertir le modérateur

24/12/2007

Nicolas Sarkozy et vie privée : Noël en décembre.

Sans tomber dans la psychologie de comptoir, on peut raisonnablement penser que ce qui caractérise l'action de Nicolas Sarkozy est l'obsession du challenge. Peut-être est-ce même cela qu'il appelle la rupture. Faire mieux, faire plus, faire plus vite et plus voyant que ses prédécesseurs et homologues. Cela constitue-t-il une action politique dans la durée ? Comment élaborer une politique cohérente en recherchant constamment le coup d'éclat ? Quel prix à payer ?

Cécilia était la "femme de" (j'adore cette expression), il l'a voulue et il l'a eue. Elle n'aimait pas les projecteurs et les ors du pouvoir, c'était donc incompatible avec la vision du président. Elle est en conséquence devenue la "femme deux".

Plus haut, plus fort, plus visible et plus clinquant… Carla Bruni représente-t-elle un nouveau challenge : garder auprès de lui la beauté italienne à la réputation de croqueuse d'hommes ? En commençant par un beau cadeau ?

Le couple passera Noël en Égypte. Ça a le goût du pipole, ça ressemble à du pipole mais c'est du pipole. Et le moins que l'on puisse dire est que ça ne laisse pas indifférent, surtout les journalistes. Si les Français jugent d'ordre privé cette divine idylle, ils sont tout de même nombreux à penser que Nicolas Sarkozy surexpose sa vie privée même si cela ne détériore que très peu l'image qu'ils ont de lui.

Nous lui souhaiterons donc, comme à tout le monde, de joyeuses fêtes et un bon Noël. À moins que ce voyage ne vienne à être perturbé par l'Arche de Zoé ou la libération d'Ingrid Bétancourt.

Au fait Monsieur le Président… Il y a peut-être un détour à faire par le Niger, non ?

Mais bon, zou… Ne soyons pas bégueules. Un petit séjour au soleil en charmante compagnie, c'est dans l'ordre des choses. Pipoliser plus pour présider plus.

Joyeux Noël, Monsieur le Président.

60b5c9af417ff524c8acd9f2028f1922.jpg

Joyeux Noël à tous. 

 

22/12/2007

Permis d’aider ?

L’initiative de certaines municipalités favorisant l’accès au permis de conduire pour les jeunes ne peut qu’être encouragée.

La mise en place du permis à points ainsi que le coût exorbitant de l’obtention du feuillet rose font que de plus en plus de personnes conduisent en infraction.

Quand on sait ce qu’il peut en coûter, on ne saurait qu’approuver ce genre de démarche.

Outre le fait que cela permet d’être en règle, le permis est aussi un des facteurs permettant  de lutter conte l’exclusion.
Combien de gens ne peuvent se rendre à des entretiens d’embauche faute de moyen de locomotion (les transports en commun ne maillent pas tout le territoire, loin s’en faut) ?

Combien de gens perdent leur travail pour cause de retrait ou de suspension de permis (il devient de plus en plus difficile d’aménager les peines) ?

cc40b07cfe72acf655ff691f74d48d96.png



Mais il ne faut pas se focaliser sur ce seul aspect de la légalité.

L’initiative des municipalités permet aussi aux jeunes de démontrer qu’ils peuvent être « utiles ».

Car rien n’étant gratuit (nous le savons tous), il leur est demandé une contrepartie qui au lieu d’être simplement financière est « citoyenne ».

En échange du fameux sésame, il leur est demandé des Travaux d’Intérêt Général (TIG). La nature de ces TIG peut se décliner à l’infini mais son but principal est de présenter un intérêt pour la vie de la Cité. Ce peut être une aide aux personnes âgées, une aide aux devoirs, l’organisation des kermesses…

Carrefour d'Expériences - Bénévolat et permis de conduire.

Donner pour recevoir : n’est ce pas une généreuse idée ?
Créer du lien social sous cette forme : n’est ce pas sortir du schéma « tous assistés » ?

(Je sens déjà poindre les mauvaises langues qui diront : « oué, avoir le permis c’est bien, mais après il faut une voiture, après il faut payer une assurance, après il faut mettre du carburant… » Oui Da, mais je répondrais à ceux là : « il faut qu’il y ait un début à tout »).

06:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (65)

18/12/2007

Rendre le travail aux jeunes.

Les jugements lapidaires concernant les rapports de nos jeunes au travail relèvent non pas d'une nouvelle mentalité de notre jeunesse mais de l'incapacité des entreprises à s'adapter à leurs attentes. Pour comprendre ce fossé il s'agit de retourner les clichés et de les développer conformément à ce que la nouvelle génération attend pour sa vie future. De ces à priori (ils n'aiment pas le travail, ils relèguent le travail à un niveau secondaire et refusent l'autorité) que pouvons-nous tirer comme constats et enseignements ?

L'ordre selon lequel ces clichés doivent être traités est important si l'on veut émettre un raisonnement valide pour la construction d'une vie.

Le refus de l'autorité.

Commençons par définir ce qu'est l'autorité et comment elle est perçue par les jeunes générations : pré-ados, ados et jeunes adultes. L'autorité première est l'autorité parentale et ne s'intègre que dans le champ commun de la communauté que constitue la famille, famille qui participe en son entier, ou le devrait, à l'éducation de l'enfant. L'objectif de l'éducation que nous dispensons à nos enfants peut se résumer sans tomber dans une simplification abusive à un transfert progressif d'autonomie. À la naissance l'enfant ne dispose d'aucune forme d'autonomie, sa dépendance est donc totale. La charge et l'objectif de tout parent sera, tout au long du processus d'éducation, de transférer progressivement cette autorité en la transformant en autonomie de l'enfant pour en faire un adulte. L'abandon volontaire de cette autorité parentale, pour être efficace, doit s'accompagner d'un respect réciproque équivalent. S'il est possible de revenir sur l'autonomie de l'enfant en fonction de son degré de mâturité et des aléas de l'adolescence, il faut impérativement garder à l'esprit que l'autorité est un état et le respect le sentiment qui en découle. L'autorité naturelle ne se décrète pas, elle s'acquiert par le respect et est librement accordée par celui qui y consent. En cas d'incompréhension majeure et de perte des repères essentiels, la solution trop souvent malheureusement adoptée est de renforcer les oppositions en exacerbant non pas l'état mais le sentiment. C'est ainsi qu'insidieusement se transforment l'autorité et le respect en ce qu'ils ont de plus antagonistes, la crainte et la peur. Ce phénomène peut d'ailleurs se produire tant chez les parents que chez les enfants. Ce processus, valable au sein de la famille, est-il transposable en dehors de ce cadre ?

Les difficultés scolaires que rencontrent nos enfants, sauf bien entendu cas exceptionnels, sont pour la plupart dues à l'incompétence, individuelle ou collective, du système enseignant. Qu'il s'agisse d'une incompétence professionnelle conduisant au désintérêt de l'enfant ou relationnelle menant à la défiance voire à l'opposition. On peut ainsi légitimement postuler qu'autorité, compétence et respect réciproque sont intimement liés (les rapports entre nos jeunes et nos forces de l'ordre, par exemple, relèvent de façon flagrante de la rupture de ce lien). S'insérer de façon satisfaisante au sein d'une société quelle qu'elle soit suppose donc d'accepter l'équilibre, les limites et la reconnaissance proposés entre respect et autorité d'un coté, compétence et autonomie de l'autre.


Le travail relégué sur un plan secondaire.

Les jeunes arrivant aujourd'hui sur le marché du travail ne sont pas les adultes des Trente Glorieuses en moins vieux. Ils sont confrontés à l'instabilité professionnelle, à une expérience qui se périme beaucoup plus vite face aux révolutions technologiques et savent qu'ils mettront beaucoup plus de temps à se stabiliser professionnellement, s'ils y arrivent. Pourtant, ils s'adaptent et n'ont, semble-t-il, pas de mal à intégrer ces évolutions dans leur raisonnement. Comment expliquer alors que le taux de chômage de notre jeunesse (environ 20%) reste l'un des plus élevés d'Europe ? Le problème ne tiendrait-il qu'à eux ? Les entreprises ont-elles adapté leur fonctionnement aux évolutions de la société ? Qu'en est-il des relations hiérarchiques, des modes d'organisation et de fonctionnement ? Le refus du télétravail, exemple significatif, n'est-il pas assimilable à un refus d'autonomie ?

D'autre part la précarité salariale, le retour chronique aux périodes de chômage, les formations professionnelles ne débouchant sur rien de concret, les stages où ils auront eu l'impression souvent justifiée de remplir les tâches dont personne d'autre ne voulait, etc. ne peuvent que les conduire à rechercher une stabilité autre que professionnelle. Si l'on ajoute à cela la précarité de la famille, celle que l'on quitte comme celle que l'on crée, on peut facilement conclure que l'avenir se bricole plus aujourd'hui dans l'approximation qu'il ne se construit durablement.

Le travail n'est donc plus aujourd'hui une vertu car il n'assure plus à coup sûr ni sécurité ni stabilité. Pour autant, assimiler cette défiance à de la paresse serait une erreur. Les jeunes sont prêts à l'effort pour peu que l'on y adjoigne du plaisir et de la reconnaissance, que l'on souligne leur utilité et qu'on les en gratifie eux-mêmes et non leur supérieur (ce qui nous renvoie à la défiance vis à vis d'une autorité incompétente). Personne ne peut accepter de voir les fruits de ses efforts accaparés par d'autres et ce genre de situation ne peut que conduire à une démission par le moindre effort ou effective pour trouver plus gratifiant ailleurs.

Nous devons aussi nous poser la question de savoir si la quantité de travail reste une référence. Comment intégrer le fait de voir tant de gens compétents, ayant travaillé jusqu'à des heures indues et rentrant exténués de leur journée de labeur se faire licencier, dans une vision valorisante du travail et de l'effort ? La fatigue ne paie plus et c'est tant mieux. Les jeunes générations ont parfaitement intégré les progrès technologiques conduisant à l'allègement de l'effort du travail que nous avons voulus et élaborés. Pourquoi le leur reprocher ? Le refus d'horaires épuisants ne doit donc pas être interprété comme de la faineantise mais comme une recherche d'équilibre et devrait plus nous rassurer que nous indisposer.


Le désamour du travail.

Comme je l'ai écrit plus haut, il n'y a pas à mon sens une perte de la valeur "travail" chez nos jeunes mais bel et bien l'inverse, c'est à dire une chute de la valeur "jeunes" au sein du monde du travail. Les compétences sont de moins en moins reconnues et sont remplacées par des critères de flexibilité, par des statuts précaires et par l'opposition entre salariés. Lorsqu'une entreprise préfère garder un employé en CDI plutôt qu'un autre plus compétent en CDD, tout simplement parce que le premier couterait trop cher à licencier, comment se plaindre d'une certaine défiance et ne pas admettre un certain triomphe de l'incompétence ? Les ambitions de notre jeunesse ont été largement revues à la baisse puisque, pour la première fois depuis bien longtemps, nous vivons une période où nous avons peur de laisser à nos descendants un monde plus instable et moins sûr que celui que nous avons connu, bâti sur la quasi-unique valeur travail. Nous ne pouvons non plus nous plaindre que, tout en cherchant à les pousser à la consommation, ils veuillent en trouver le temps et le loisir. Face à ces contradictions, force nous est de constater que notre jeunesse fait bien plus preuve d'imagination et d'adaptation que nous ne le faisons à leur égard.

Contrairement aux discours pessimistes qui nous annoncent un conflit de générations sur le problème des retraites, les jeunes ne nous reprochent pas le monde que nous leur avons laissé mais surtout notre incompréhension de la société qui se profile et qu'ils ont, eux, assimilée. Ce qu'ils nous expriment ne reflète pas de la paresse ou de la rancoeur mais notre incapacité à modeler ce dont nous disposons en fonction de leurs attentes. Ils ressentent que nous utilisons nos outils, nos entreprises et nos institutions avec une autorité révolue qui confine au refus de l'achèvement de leur autonomie. En transformant l'assistance légitime à laquelle ils ont droit en un assistanat chargé de condescendance nous avons perdu une partie de leur confiance et par là même de notre autorité.

Il n'est pas trop tard. Il n'est jamais trop tard pour la jeunesse.

Mais il est plus que temps.



José
Un long billet largement inspiré par un dossier du Club des Vigilants.

16/12/2007

Chroniques du divin marché

CHRONIQUES DES HAUTES SPHERES DU DIVIN MARCHÉ

Car la Vie n'est pas un long fleuve tranquille dans l'Olympie libérale.

ÉVANGILE SELON SAINT-JEAN

Il y a 100 ans naissait Jean Fourastié.

Il a écrit un des nombreux évangiles de Notre Divin Marché intitulé le Grand Espoir du XXème siècle. Jean-Pierre Chamoux (mécréante que je suis, je n'ai pas investi dans la lecture de ce pieux ouvrage et vous livre l'explication de texte d'un docte théologien-économiste de l'Université Paris Descartes) nous explique que dans cette Sainte Ecriture, Jean, visionnaire réaliste, « démontre que l'efficacité du travail humain, démultipliée par le progrès technique augmente très vite. Cela s'appelle la productivité. Quand elle croît, notre travail est mieux payé, notre niveau de vie augmente, les entreprises investissent, ce qui accélère encore le progrès. Ce qui explique notre enrichissement ». Dans sa Lettre aux libéraliciens qu'est son ouvrage les « 40 000 heures », Jean prédit « qu'au-delà d'une certaine richesse, les hommes voudront aussi profiter de la vie ». Il prophétise « une société de services et de loisirs pour le milieu du XXIème siècle, société dans laquelle les hommes travailleront 30 heures par semaines, 40 semaines par an, s'informeront mieux sur le monde et s'intéresseront plus aux autres » (cela m'a presque donné envie de me convertir).

Il convient donc que tous les adeptes libéraux luttent ensemble contre les Hérétiques qui prônent dans leur
secte obscurantiste le « Travailler plus pour gagner plus ».

Espèrons que, lors du concile de Toya, les disciples sauront remettre les évangiles à l'heure.

Sinon ce schisme risque d'avoir des conséquences apocalyptiques sur tous les croyants et impies, dépendants des dogmes du Divin Marché... Et nous privera du Paradis Terrestre Libéral annoncé par Saint-Jean-Fourastié.

 

 

Le Village des NRV

by Nef 

14/12/2007

Rebelle de caddie…

Et pourtant ils me font des yeux de velours… C'est fou comme les champions du sac échangeable à vie pour préserver la nature sont moins regardants sur la déforestation dès lors qu'il s'agit de bourrer à tour de bras les boites aux lettres de leurs prospectus chamarrés...

Mais c'est « Noyel » mon bon môssieur, c'est la joie, c'est la fête. C'est le moment des petits cadeaux et de la grande bouffe.

C'est le moment où on enrobe pour mieux dérober, celui où l'on s'emballe pour mieux se déballonner dans la forêt de sapins. Celui de la vie sociétale et de la joie partagée dans le papier doré et les guirlandes brillantes sous les reflets de la joie fabriquée.

C'est le moment où il faut consommer sa joie, la montrer en viles guirlandes à allumer sur son petit pavillon et qui font ressembler le moindre lotissement de banlieue à une version albanaise de Las Vegas.

0590a23a2429f95b292d03e61f991720.jpg

 

Celui où l'on sort les gigots et les escargots, le foie gras et le saumon comme si on n'avait pas le droit d'en consommer avant ce repas. Le jour où les dindes sont toutes ripolinées, apprêtées dans la même tenue de crèche pour accueillir le petit Jésus entre les rois mages et le fromage.

63b92f355f0c9be14fb842b8436cbf90.jpg

C'est le moment des promos de fin d'année pour commerciaux ayant leur chiffre annuel à boucler. C'est le moment où l'on boit pour oublier le quotidien en s'étourdissant de paillettes.

Bref c'est le jour où l'on remplit son caddie à ras bord, quand d'habitude on le serre jusqu'à le faire ressembler à un panier d'osier, pour cause du manque de petite monnaie pour s'acheter le nécessaire le restant de l'année.
493e0ab59fa915b92019b96b9110c00d.jpg

Je hais Noël.

Je hais ces rendez-vous consuméristes ou l'on oublie l'esprit pour mieux célébrer le culte.

A propos de culte, les soldes ça commence le 9 janvier...

Le Village des NRV
by Serval

11/12/2007

Normes eco-sociales : responsabiliser sans contraindre

Les relations inextricables entre consumérisme, règles de concurrence ouvertes et mondialisées, délocalisations, moins-disant social, moins-disant écologique, sont un nœud gordien impossible à trancher et dont les conséquences pour les consommateurs et les salariés, les entreprises et les pays, paraissent se dérouler selon un scénario inexorable auquel personne ne semble ni pouvoir ni devoir s’opposer sous peine de briser les règles fondamentales du marché telles que l’abaissement continu des mesures protectionnistes.
Aujourd’hui, les biens de consommations sont proposés dans les commerces avec une seule valeur affichée : leur prix. C’est l’élément déterminant de l’achat, dans la logique utilité/moyens financiers du consommateur et dans le rapport qualité/prix du produit. Aussi la mise en concurrence des produits semblables voire similaires se fait-elle dans une logique d’amoindrissement des coûts de production afin de les rendre « concurrentiels ». C’est cette mécanique qui est sensée faire baisser les prix pour le consommateur, mais préside aussi à la délocalisation des entreprises qui l’emploient.

Un des problèmes alimentant cette roue économique que d’aucuns qualifieraient de perverse est, à mes yeux, l’absence d’affichage de deux valeurs des biens de consommation : leur valeur écologique et leur valeur sociale. Entendons par là la qualité écologique et sociale qui accompagne leur production et mise en vente. Pourtant, ces valeurs existent de fait et sont fortement variables dans un système de marché ouvert et mondialisé qui met en concurrence des produits provenant d’entreprise et de régions aux normes écologiques et sociales fortement divergentes.

D’où proposition : établir une codification de la valeur éco-sociale des biens de consommation, avec l’obligation pour le fabricant et le commerçant de présenter distinctement cette valeur sur le produit à vendre. Cette obligation sera mise en place au niveau communautaire européen, soit le premier marché de consommation mondial, et aura valeur d’information éclairée du client. Ce sera en ce sens un renforcement des règles de concurrence au bénéfice des consommateurs.
Cette codification comportera plusieurs échelons à déterminer. Un premier collège communautaire établira les lignes directrices d’une codification éco-sociale (ES), les organismes vérificateurs et les procédures (on peut proposer par exemple une note de 1 à 100 incluse dans un macaron de couleur allant du vert au brun selon la qualité ES).
Par la suite, des collèges par branche détermineront les éléments à tester et un système de notation satisfaisant et intégrant les spécificités de branches.

La mise en place, les procédés de notations et de vérifications au sein des entreprises de production sera inspiré des normes ISO, à la différence de la notation, qui ne correspondra pas à la reconnaissance d’un seuil de qualité (donnant droit à une certaine valeur de certification dans le cadre ISO) mais à une note ES globale. Par exemple, la certification ISO est valable 3 ans et renouvelable suite à un audit, elle est payante et les coûts sont supportés par les entreprises qui briguent les marchés où ces normes sont requises.
On pourra également demander, pour certaines catégories de produits manufacturés (hi-fi, électroménager, automobiles) la présentation d’un tableau ES sur le modèle des tableaux de composition et de valeur calorique des produits alimentaires.

Prenons un simple exemple : une automobile. Elle obtiendra une note ES qui correspondra à la note moyenne des centaines de pièces la constituant (si pour certaines pièces le fabriquant ne peut fournir d’évaluation vérifiée, on leur attribuera une note médiocre par défaut) en intégrant les notes correspondant à leur assemblage. Le poids relatif de chaque note sociale sera déterminé par son temps relatif dans le temps total de production, et d’équivalent CO2 pour les notes écologiques.

En conclusion, ce système sera non-contraignant pour le consommateur : il sera simplement informé. Le consommateur pourra réaliser ses achats en fonction de la seule valeur prix, comme aujourd’hui, ou intégrer dans son choix, s’il en a le désir et les moyens financiers, la valeur ES. Cette valeur sera reconnue comme un droit communautaire à l’information du consommateur. C’est l’évidence de la défense de l’intérêt du consommateur qui portera ce projet. Son ennemi principal est son coût, mais l’ouverture du premier marché mondial sera certainement un objectif assez stimulant pour convaincre nombre d’industriels de franchir le pas. De plus, si tant est que cette affirmation intuitive est validée, les produits de production européenne se verraient mis en « valeur ».

Quoiqu’il en soit, les produits plus respectueux de l’environnement et des hommes seront promus par la valeur ES et cela, quelle que soit leur zone géographique de production, sera un gain net pour la communauté humaine et pour la planète.

 

Phets 

04/12/2007

La femme du troisième jour.

C'était un samedi matin, je crois. Patrice dormait.

J'ai aimé voir son visage serein, apaisé, libéré de ses démons entravés par les bras puissants de Morphée. Le silence, enfin.

Un silence total, blanc, même pas troublé par le "tic tic" de la pendule. Comme si le temps s'était brutalement suspendu. Comme si les secondes avaient soudainement cessé de s'égrener, flottant dans l'air comme des pointes acérées.

Mes yeux ne se fermaient pas et pour autant mon corps ne bougeait plus, ne répondait plus, ne souffrait plus. Enfin.

Cette nuit là, une fois de plus les cris, ses poings, ma tête et votre indifférence…

Je vous ai appelés, j'ai hurlé, j'ai su que vous aviez entendu… Je l'ai su très précisément quand vous avez augmenté le son de votre téléviseur, comme d'habitude. Une autre douleur s'est faite jour en moi à ce moment. Un sanglot intérieur à l'unisson de mes pleurs. Puis plus rien.

 
Seule la mort est venue me tendre la main, je l'ai prise. Je l'ai suivie sur la pointe des pieds, me suis enfuie avec elle. Ne pas réveiller Patrice, ne plus vous déranger.

Discrète comme toujours, pour toujours.

19a428463a3ae3e47a4c2705b9501e29.jpg

Tous les trois jours une femme meurt sous les coups de son conjoint.

 

Collectif DEL

sur un billet de Mathilde P.

 

Pour aller plus loin :

mexique.mp3

Sur la TSR 

02/12/2007

Shooting or not shooting ?

C'est la question qui a enflammé Villiers le Bel. Celle qui taraude les esprits, celle qui divise, qui radicalise, qui oppose, qui antagonise...

Mais est-ce la bonne ?

Traiter les agissements émeutiers de "voyoucratie" suffit-il à l'analyse ? Asséner "Ceux qui prennent la responsabilité de tirer sur des fonctionnaires de Police sont des criminels" suffit-il à s'exonérer de la compréhension du phénomène ?

Jean-Marie Le Pen rhétorise par constats, Nicolas Sarkozy par évidences.

Constat : les immigrés de ces quartier ont la haine de la Police.

Évidences : ceux qui tirent sur les flics sont des criminels.

Et la question lancinante qui revient, comme un leitmotiv diviseur...

Shooting or not shooting ?

C'est d'une affligeante évidence : les gens qui tirent sur quelqu'un sans être investis d'une autorité qui leur permette de le faire dans les conditions prévues par la Loi sont TOUS des criminels.

D'un affligeant constat : l'État doit porter sa responsabilité dans la discrimination qui pèse sur les habitants de ces "banlieues".

Pourquoi tant de haine, de défiance ?

Shooting or not shooting ?

Fadela Amara veut nettoyer les cages d'escalier, Harlem Désir l'avait déjà dit il y a vingt ans. Entre temps la situation sociale dans ces endroits a empiré. Rien n'a été fait.

17ab4b8b27df57c1fd1349451a5caccc.jpg

Shooting or not shooting ?

Nicolas Sarkozy veut faire passer les responsables de ces tirs criminels devant la Cour d'Assises.

Shooting or not shooting ?

C'est une question de justice, pas de politique.

Shooting or not shooting ?



L'oubli.

Ces quartiers n'intéressent personne. On en parle uniquement parce que de tels évènements s'y produisent. Depuis 2005, comment ont été traités médiatiquement les promesses faites alors par le gouvernement de Nicolas Sarkozy d'y créer des emplois ? Qui a suivi le dossier ? TF1 en traitant le sujet uniquement sous l'aspect de la délinquance, du trafic ? Ce problème, la plaie ouverte de notre pays, coute bien plus cher à la collectivité que les régimes spéciaux, mais qui approfondira le sujet ? Qui se penchera sur les conditions de vie misérables des habitants, de leurs enfants et de leurs petits enfants ?

Comment ne pas admettre que n'y placer que des enseignants novices et inexpérimentés constitue une ségrégation de fait tant pour les citoyens que pour ces fonctionnaires ?

Comment ne pas admettre que n'y envoyer que des flics novices, inexpérimentés et apeurés constitue une discrimination de fait tant pour les citoyens que pour ces fonctionnaires ?

Qui analysera en profondeur que la résultante logique de cet effet est que la population se dit qu'elle ne mérite de la République que les éléments les moins performants de nos institutions ?

Personne.

Non.

Là n'est pas la question.

Shooting or not shooting ?


Justice or not justice ?

Shooting or not shooting ?

Seulement dans ces quartiers.

Et ces quartiers : France or not France ?

Cette question est déjà rentrée dans l'oubli.

984b132c13a5ecc45568c92f39ac5326.jpg

 

 

José 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu