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22/10/2007

Attali ou Attila ?

De rupture en ouverture, de bouleversement en renversement, rien ne bouge finalement. Les moutons moutonnent, les peaux de chamois lustrent, et hier nous parait être à des lustres désormais.

Et pourtant...

L'A.M.I (accord multilatéral sur l'investissement), et la directive Bolkenstein reviennent ! Au niveau national, ça porte un autre nom : le rapport de la commission Attali.

Même Libé(1) parle de "potion ultra-libérale" (ne ricanez pas bêtement).

En vrac, une reprise des quelques propositions que vous avez lues ou pourrez lire ailleurs.

- Dérégulation totale de l'implantation des grandes surfaces.
- Suppression du principe de précaution.
- Suppression de tous les "freins" à la concurrence.
- Libéralisation totale des prix.
- Construction de 50 villes nouvelles "écologiques".

Ça ne vous rappelle rien?

Mais si cherchez un peu... Au fond de votre mémoire. C'était en 1998, année faste ou la terre était de bleu vêtue et de cuir revêtue. Tellement à fond dans sa bande aux trois bandes qu'on en a occulté que l'OMC cherchait déjà à imposer, en catimini, l'A.M.I (Accord multilatéral sur l'investissement).

Comme les vampires, l'A.M.I n'avait pas résisté à la lumière. La révélation de son contenu et la mobilisation (notamment, en France, des cinéastes et défenseurs de l'exception culturelle), avaient eu sa peau.

C'était le bon temps de Seattle, des premiers forums sociaux, des débuts du mouvement qui ne s'appelait pas encore altermondialiste...

Mais il est revenu en catimini sous le nom d'A.G.C.S. (Accord général sur le commerce et les services).

On n'en parle plus beaucoup, de celui là. Et pourtant faut il que nous soyons plombés par cinq mois de sarkozisme pour en oublier que la politique économique et sociale de ce gouvernement est totalement inspirée par des accords économiques et commerciaux mondiaux, conclus dans des organismes aussi démocratiques et transparents que l'OMC, l'OCDE, le forum de Davos ?

Et qu'on en oublie le combat (pas gagné !) contre la directive Bolkestein...

Les "préconisations" du rapport Attali, ce n'est ni plus ni moins que du copié collé emprunté à l'AMI, à l'AGCS et à la directive Bolkestein. Une volonté de supprimer toutes ces législations désuètes qui freinent, comme vous le savez tous, les ultimes saloperies de l'ultra-libéralisme l'investissement, la création de richesse et la croissance dans notre beau pays rongé par les quelques reliquats des acquis du Conseil national de la Résistance, vieillerie dont le MEDEF veut se débarrasser au plus vite...un peu comme s'il avait une caisse noire en forme de casserole métallique sans Tefal pour faire glisser...

Vous n'y croyez pas n'est ce pas... Alors voici en trois exemples le dessin, ou mieux le dessein :

- La libéralisation totale des prix, cela signifie entre autres la fin du prix unique du livre qui a permis de maintenir un réseau de librairies indépendantes, voire militantes, qui s'aventurent et s'obstinent à maintenir sur leurs rayon et à défendre une littérature qui ne fait pas de chiffre. (Salut Urbain !*)

C'est bien connu, le marché , c'est le choix. Vous aurez tout le loisir de choisir entre BHL, Reza, et le dernier Marc Lévy au rayon livres de French Wal-Mart. Des livres lessiviels vendus avec leur cadeau bonus d'assommoir médiatique.

- La concurrence non faussée, c'est ce qui permet, par exemple, à l'UGC d'attaquer des salles art et essai soutenues par les municipalités à Montreuil, Lyon, Épinal. Mais ne vous inquiétez pas, vous aurez le choix entre les films distribués par les multiplexes d'UGC et ceux de MK2, Blockbusters compris...

Rappelez-vous Jean Marie-Messier : "L'exception culturelle est morte, et la diversité culturelle, c'est nous !"

La même planète, mais pas le même monde...

- Les fameuses villes nouvelles "modèles sur le plan environnemental".

ET SI LES VILLES PRIVÉES ET FORTIFIÉES DEVENAIENT UNE BANALITÉ ?

Et si dans les années qui viennent nous devions voir la multiplication des villes privées et fortifiées ?

Et si c'était en Afrique du Sud, en Israël et au Brésil que se dessinait un nouvel urbanisme de la peur ?

Et si ce phénomène de ségrégation avait toujours appartenu à l'histoire des villes ?

Et si c'était pas si grave que cela ?

Et si - au contraire - les villes privées étaient une formidable chance pour faire de l'innovation urbanistique ?

Et si la première ville 100% écolo au monde était 100% privée ?

Étonnant, non?

Et si l'ancien conseiller de Mitterrand atteint de sénilité précoce cherchait, avec ses merveilleuses eco-polis (!) , à nous vendre en France les villes privées et fortifiées ? Des "Sun City", villes à mi-chemin entre station balnéaire et parc d'attraction...


Mais si par hasard l'envie vous prenait d'aller foutre le "waï" dans le débat du 26 octobre sur les villes privées, je vous encouragerais volontiers (et vous accompagnerais). http://www.transit-city.com/ateliers/prochaine/?sid=a3b6f...


(1) En attendant, et tant qu'il reste des librairies et des bibliothèques, lisez Le Meilleur des mondes (le livre de Huxley, pas la revue néo-con!) et 1984 (pas les paroles d'Eurythmics, le livre d'Orwell).


* Private joke.

 

 

Collectif DEL

20/10/2007

Payer plus, pour travailler plus

À droite décomplexée, patronat décomplexé

                       ou

La droite décomplexée, décomplexe le patronat

 

 

Lu dans les annonces d'offres d'emploi de La Dépêche du 14/10/07 :

 

Société IBER ADVISER s'implantant dans le sud-ouest recherche (H/F) pour ses succursales en Midi-Pyrénées
CHAUFFEURS
Permis B, CDI
Tél 08.99.784.488
(1,35 € connexion + 0,34 € la minute)
NIF: B 63787311

 

Eh oui ! 1,35 € la connexion et 0,34 € la minute. Décidement les freins à la croissance ont été levés, et ce même avant la fin du rapport de la commission Attali. La question est de savoir si combien de ces produits financiers deviendront des produits d'exploitation...

Parce que si toutes les entreprises se mettent à faire payer pour déposer une candidature, combien de chômeurs , combien de RMistes auront les moyens de le faire avant que leur maigre dotation ne s'épuise ?

Et on voudrait réduire les inégalités ? en créant un clivage entre les chômeurs ? Entre ceux qui pourront se payer le luxe d'une candidature et les autres ?

Parce que les copies, les photos, les déplacements pour les entretiens ne coûtent déjà pas assez cher pour ceux qui sont dans la précarité et dans l'angoisse du futur ?

Il faut maintenant payer pour avoir le droit de prétendre déposer une candidature à un  emploi ?

Il n'y a pas a dire. C'est la rupture. A tous niveaux
         
Payer plus pour avoir un boulot payé moins, une ouverture d'esprit en plus.



Collectif DEL

19/10/2007

Trois internes expliquent pourquoi votre carte bleue risque de devenir vitale

Je laisse la parole aujourd'hui à trois internes grévistes en colère en espérant que cette modeste mise en avant puisse les aider à faire part de leurs revendications. Ils répondront à vos interrogations tout au long de la journée mais bien évidemment ne seront pas présents en permanence.

José 

 

 

Les internes de Toulouse sont en grève depuis le 1er octobre, la mobilisation est nationale depuis le 11.

Certains points nous paraissent honteusement occultés par les médias sur les raisons de notre mouvement.  

Il est vrai que filmer des voyageurs hagards sur un quai de gare, voire filmer les quais vides avant même le mouvement de grève des cheminots fait sans doute plus d'audience qu'un sujet sur le PLFSS 2008 (projet de loi de financement de la sécurité sociale).

 

Nos objectifs :

Retrait des articles 32 et 33 de cette loi qui prévoient de "désinciter" les médecins à s'installer dans certaines zones dites "surmédicalisées", au lieu de tout faire pour que leur installation en zone rurale se fasse dans de bonnes conditions. Pour cela, les articles parlent de "modulation du conventionnement".

Les médecins sont donc poussés à se déconventionner, ce qui fera toujours ça de gagné pour la sécu qui n'aura pas à rembourser leurs patients.

Le gouvernement espère que le passage à une médecine à 2 vitesses sera imputé à "ces méchants médecins qui ne veulent pas aller à la campagne".

 

Alors mettons-nous bien d'accord :

 

- Les médecins sont des nantis :

VRAI : quoi qu'il arrive, nous gagnerons bien notre vie. L'argent n'est pas le problème.

 

- Leur lutte est corporatiste :

FAUX : les patients sont les seuls concernés par ces non-remboursements. Les médecins seront payés pareil.

 

- Les déserts médicaux sont un grave problème :

VRAI :  certaines régions sont catastrophiquement sous-dotées en médecins, l'égalité d'accès aux soins doit être respectée.

 

- Les médecins ne veulent pas aller dans les campagnes : Vrai ET Faux.

FAUX : beaucoup d'entre nous y ont grandi et souhaitent y retourner. Nous sommes prêts à tenter l'aventure.

VRAI : nous voulons pratiquer une médecine du XXIe siècle, ce qui nécessite un plateau technique suffisant (imagerie, labo biologique...), un fonctionnement en réseau, des aides en nature (maison médicale...).

Est-ce possible dans une campagne où le service public se retire année après année (fermeture d'écoles, de postes, d'hopitaux de proximité) ?

Aider à combler les déserts médicaux, D'ACCORD, soigner les gens avec un stétho et mon couteau, NON !

 

- Un système de santé "à l'américaine" nous guette :

VRAI : les médecins déconventionnés n'appartiendront plus au système de sécurité sociale, et les patients devront payer les soins de leur poche. Ceux qui peuvent, évidemment...

Donc les riches auront droit à une médecine rapide, efficace et chère, tandis que les autres devront patienter parfois plusieurs mois. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? (l'Amérique, l'Amérique...)

 

-La loi sur le financement de la sécu va régler ces problèmes :

FAUX : toutes les mesures "désincitatives" (pour ne pas dire coercitives) tentées dans de nombreux pays ont été un échec: baisse du nombre de médecins libéraux par fuite vers d'autres modes d'exercice (hôpitaux, industrie pharmaceutique, assurances...), crise des vocations : Allemagne, Canada, Suisse...

Lire à ce sujet l'interview de Yann Bourgueil, spécialiste de la démographie médicale.

Même Xavier Bertrand (ex-ministre de la santé, actuellement ministre du travail) est d'accord sur ce point !

 

- Les internes critiquent mais ne proposent rien :

FAUX : sur ce lien sont énumérés de nombreuses propositions, la plupart soumises aux gouvernements successifs depuis les années 2000.

Elles ont été inspirées par le rapport Berland. (Rapport complet en pdf ici)

Vous avez entendu parler de leur mise en place ? Nous non.

 

- La politique du gouvernement est hypocrite :

VRAI : lors des rencontres de nos représentants avec Bachelot, différents conseillers du ministère de la santé, puis Sarko himself, tout le monde nous a assuré être d'accord avec nous (par oral bien sûr), mais "pas question de supprimer les articles en cause, on va passer la loi et ensuite on discutera", ils nous ont même assuré n'avoir pas pensé aux conséquences du déconventionnement des médecins pour les patients (mon oeil !).

 

- La séparation des pouvoirs est assurée en France :

FAUX : Le retrait de ces articles avait été voté par La commission des affaires sanitaires et sociales le 16 octobre au soir, puis réintroduits en catastrophe le lendemain matin, sur consigne de l'Elysée. Voir la dépêche AFP.

Il nous semblait que l'exécutif et le législatif... Mais nous ne sommes pas juristes.

 

En conclusion, quelques points rapides :

- Même déconventionnés, on gagnera bien notre vie (pénurie globale de médecins dans les 15 ans qui viennent)

- On a une sécu qui permet de soigner tout le monde sans discrimination, on en est fier, on ne veut pas devenir des "médecins pour riches", (ou "pour pauvres"). On ne cautionnera pas une loi qui piétine le principe d'égalité au nom d'une logique comptable.

- Un seul gagnant : les assurances privées qui voient le jackpot se profiler (souscrivez vite avant qu'ils augmentent leurs tarifs !). Merci Sarko !

 

Pour en savoir plus.

 

Et pour vous détendre un peu :

 

 

 

Marielle Duclos, Claire Mailhol et Thomas Lauvin, internes en colère.

18/10/2007

Histoires… d’y croire.

Lorsque l’on est enfant en France (je ne sais pas comment cela se passe dans les autres pays, je ne m’aventurerai donc pas à parler d’autres pays), en général, on est bercé par des histoires de Princes et de Princesses, par des histoires d’amour merveilleux et indestructible, par ce Père Noël, cette petite souris qui, dit-on, permettent à l’enfant de vivre des moments d’émerveillement nécessaires à sa construction en tant qu’individu.

Il y a également des contes terribles de petite fille dévorée par un grand méchant loup, de frères abandonnés dans la forêt, puis capturés par un ogre qui finit par manger ses propres filles, de sorcières hideuses qui combinent des plans machiavéliques pour rester les plus belles. Même si les personnes de notre environnement immédiat ne jouent pas ce jeu, les relations scolaires ou autres se chargent de combler ces lacunes.

En grandissant, on finit toujours par apprendre que le Prince charmant n’existe pas, pas plus que la princesse douce (et soumise ?!), que le Père Noël n’est qu’une vaste supercherie tout comme cette satanée souricette qui ne passe que la nuit pendant que l’on dort. Et l’on est déçu. Forcément. Quoique l’on en dise.

En revanche, on s’aperçoit, plus ou moins rapidement, que les sorcières machiavéliques, les ogres, les grands méchants loups et autres parents défaillants sont parmi nous ; on voit leurs traces un peu partout autour de nous, plus ou moins proches, mais aussi effrayants et angoissants que dans les contes de notre enfance.

Le merveilleux est souvent (pour ne pas dire toujours) décevant puisqu’il finit immanquablement par disparaitre.

Le pire ne l’est pas, lui, puisqu’il sait merveilleusement (!) durer.

À quoi cela peut-il bien tenir ?

Pourquoi le beau, le bon, le magique, le généreux ne tient-il jamais ?

Beaucoup de personnes n’y croient plus.

Beaucoup de personnes voudraient encore y croire.

Quelques fois, ce sont les mêmes. Pas forcément.

 

 

Laflote 

17/10/2007

La tentation Manichéenne

Ou le drame d'une vie

Pourquoi opposer ? Pourquoi devons nous toujours opposer seulement victimes et coupables en oubliant leur entourage, dégradé de tristesse grise entre le Blanc et le Noir

Deux visions ne peuvent-elles être différentes sans pour autant soulever de protestation négative contre l'une ou l'autre des parties ?

L'assassinat d'une mère, d'une fille peut à lui seul expliquer le tragique refus d'une libération anticipée ?

Ce temps de punition injuste peut trouver son ressenti dans le long travail d'un deuil à peine commencé.

Comment pleurer sa mère, son enfant et comprendre à la fois en si peu d'années l'injustice de ce départ prématuré, comment être confronté au quotidien avec les enfants de cette victime dont les nuits et les jours sont agités par la réalité de ce cauchemar.

Comment ne pas avoir une pensée pour l'homme dont l'acte insensé a pour toujours anéanti un être humain, et qui s'est anéanti lui-même dans son acte meurtrier ?

Pourquoi ne pas comprendre un autre drame juxtaposé avec toutes les conséquences collatérales, les enfants de ce père eux-même devenus les victimes avec pour tâche indélébile leur avenir face à « un criminel »…

Se refuser à l'opposition de ces deux parties humaines, c'est éviter de sombrer dans l'indignité et l'indécence des critiques vers la famille de la disparue.

Se refuser à l'opposition de ces deux parties humaines, c'est se garder de tout jugement et de toute liesse inconsidérée à l'issue heureuse d'un emprisonnement au demeurant mérité.

Lire ça et là, les « pour et contre » ajoutent au tragique du fait divers, rien de tel pour avoir la nausée. La Justice doit elle toujours être "l'exemple" avant d'être juste ? Un homme doit il payer d'abord pour un fait de société honteux avant de payer pour son acte ?

Entrer dans ce choix de pensées manichéennes est une alternative dont les premiers dégâts sont de répéter à l'infini la violence de la mort et de condamner à perpétuité en dépit de la sentence ordonnée.




Collectif DEL

16/10/2007

Cui cui au marché.

Bon… Salut les amis ! J’ai envie de vous parler d’un sujet qui me tient à cœur : la réalité de la xénophobie (attention je parle de xénophobie et non de racisme, hein ?) d’après le modeste témoignage d’un pauvre volatile qui parcourt la banlieue française depuis 20 ans.
 
Aïe ! J’entends déjà les cris d’orfraie : « encore ce sujet ? ! ! ! Mais il nous pompe cet oiseau de malheur ! Vite donnez nous une carabine ! ! ! ». Tant pis pour moi. J'y perdrai quelques plumes mais je suis déjà habillé pour l'hiver !
 
J’exerce un boulot que le public assimile, en général, à un compromis entre un semi clochard , un voleur de poule, et un ramasseur de mégots… C’est vous dire mon rang social, les amis ! ! ! Et pourtant je travaille à mon compte et seul, je suis un capitaliste libéral comme diraient certains militants dogmatiques si déconnectés qui se plaignent de prêcher dans le désert ? Bien sûr ! Ils ne comprennent plus grand chose de la société actuelle ! Rires. Je gagne tout juste de quoi vivre, faut il le préciser , mais je demeure un oiseau libre… Même la liberté a un prix. Bref. Je préfère les grands espaces à la cage, même dorée. Il faut de tout pour faire un monde…
 
Mes pérégrinations me poussent chaque jour dans un endroit différent, le marché populaire où des marchandises diverses se vendent. Je fréquente, généralement des cités du 9-3 et du 9-5, où la France d’en bas devient la France d’en dessous, celle qui est censée faire peur… Voilà maintenant ou je veux en venir. Dans la plupart des marchés dits populaires (Argenteuil, Saint Denis, Sarcelles), les commerçants (farouches et rudes capable de sortir des barres de fer pour un mètre d’étalage en plus ou en moins) et les clients, ne sont pas majoritairement de souche métropolitaine. Les Français et les immigrés de tous pays s’y côtoient. Français de souche pakos (Pakistanais), de souche rebeu (Maghreb et Moyen Orient), Gitans, Renois, (Africains), Chinois, et puis toutes les confessions s’y mélangent allègrement, cathos, musulmans, juifs, indouistes, sikhs, anars et j’en oublie.

Au milieu, des barbus intégristes louchent sur les jambes de jolies filles orientales en jupe courte, à gauche, à l’entrée, les mendiants vous promettent mille joies terrestres si vous leur donnez une pièce, là, les femmes voilées parlent et rigolent avec celles qui sont en mini jupe, à droite, les prêcheurs religieux viennent demander l’aumône pour la construction d’une mosquée hypothétique, plus loin les pickpockets se régalent, à l’écart les sans papiers devisent tranquillement pour trouver un job, devant moi les pères de familles essaient de marchander les prix devant des commerçants au bord de la crise de nerfs. Un entrain joyeux sans tension, sans distinction de race et de confession : la poésie dans la paix ! Le monde entier sur 10.000 m2. Ici, pas de tribus transversales et virtuelles, fantasmées devant un écran…. La vrai vie, quoi !

Bref j’arrête ma description pour vous dire qu’en vingt ans de fréquentation, aux moments les plus chauds, des guerres d’Irak, du Liban, de Palestine, des émeutes des banlieues de 2005, vous entendez : JAMAIS, je n’ai entendu de propos xénophobes entre les communautés arabes, juives, catholiques, JAMAIS les choses n’ont dérapé physiquement (ni insultes, ni bagarres) dans ces endroits particulièrement multiculturels.

Bien sûr, je ne vais pas faire d’angélisme, les clients (âgés, le plus souvent) glissent toujours discrètement dans le creux de l’oreille leur acrimonie sarkoziste mais discrètement et sans ressentiments exagérés. Je tenais à ce témoignage, pour plusieurs raisons. D’abord les médias amplifient et déforment les situations dans les banlieues pour faire peur aux Français moyens afin qu’ils votent « bien ». Ensuite, l’intégration se passe plutôt favorablement dans notre Pays, si j’en juge par ce que j’observe tous les jours, contrairement à ce qu’on cherche à nous mettre dans la tête.

Dernier constat : il est URGENT de relancer l’économie pour soulager les plus faibles de nos compatriotes. Depuis la dernière élection, malgré les promesses, force est de constater que RIEN ne se passe.

Enfin, à mes yeux, voici le plus important : les gouvernants, quelque soient les mesures iniques prises, sont complètement IMPUISSANTS face aux mouvements de fond irréversibles et mystérieux de la population française, qui nous dépassent tous...

Pour terminer, une note d’optimiste, car ce que je vois me pousse à l’être. Je vous propose une recette de sandwich qu’on appellera ‘La France de demain’.

Une tranche de culture française, des épices de culture orientale, un zeste de misère, de grosses rondelles de tolérance, saupoudré de jeunesse et d’éducation, arrosé de respect mutuel, une pincée de courage et d’absence de trouille, le tout mis entre deux tranches d’espoir et vous aurez devant vos yeux, la France de demain, le trait d’union entre l’Orient et l’Occident, le lien entre le Sud et le Nord, le plus grand et le plus dynamique pays d’Europe, des années 2040… J’en suis convaincu.

15/10/2007

Janus des Caraïbes

Une île peut avoir deux visages. Oh, ils ne sont pas biens différents à la base. Ils sont grimaçants sous la dictature subie et l'embryon de démocratie qui se profile. Si loin , si loin.... Avec tant de disparités, tant de misère, tant de douleur.

Janus est son prénom. Hispaniola est nom, c'est la faute à Colomb qui y a débarqué en 1492. C'est entre deux exterminations de sa population qu'en 1697 elle fut séparée en deux. A l'ouest elle allait devenir Haïti et à l'est la République Dominicaine et cette île aux deux visages grêlés par la corruption, la répression, l'autocratie et la misère.

Pourtant la partie est (St Domingue) va légèrement mieux. Il ne faut rien exagérer toutefois. La précarité, les disparités dans le niveau de vie, et le tourisme sexuel y sont monnaie courante. Mais les vacanciers importés par wagons affrétés de compagnies charter l'ont arrosée de billets verts, tandis que l'autre visage subissait un tourisme forcé d'exilés et d'immigrants partis chercher ailleurs ces mêmes billets verts.

On pourrait disserter longtemps sur les "mérites" comparés de ces deux régimes. Très longtemps...Mais ce n'est pas le sujet de ce billet (on pourra y revenir bien sur). Aujourd'hui il y a une nouvelle urgence humanitaire en Haïti. Des inondations qui ont déjà fait 45 morts comme en 2006 et en 2004 (400 morts cette année là)

Pourquoi parle-t-on toujours d'inondations en Haïti et jamais en République Dominicaine ?

La réponse est sur la carte satellite. Les zones blanches c'est la déforestation d'Haïti, due à la misère dans ce cas précis, qui a poussé les habitants a surexploiter la seule ressource dont ils disposaient : le Bois.

 

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 Bilan : des catastrophes naturelles, des morts, des réfugiés.


Fort heureusement des renforts de «la Mission de stabilisation »  des Nations Unies ont été mis à la disposition du gouvernement haïtien. Ainsi, 7500 soldats , mille policiers et des moyens héliportés ont été réquisitionnés pour venir en aide aux personnes en détresse...

Mais doit on s'en réjouir ?
 
Les  gaspillages énormes de nos sociétés occidentales et d'autre part l'extrême dénuement des populations locales conduisent à la même surexploitation des ressources...et comble d'horreur à la promiscuité indécente entre des individus faméliques et des occidentaux repus

A terme, cela nous mène aussi aux mêmes conséquences écologiques

On ne peut que se dire que décidément, dans notre monde, il est plus que temps d'agir. Mais individuellement, que faire ?

Devrons nous toujours compter sur une "Mission" de l'ONU pour nous dédouaner ?

 

 

Collectif DEL

 

PS : billet modifié à 11h30 à la demande des auteurs. 

14/10/2007

Au comptoir de l'Univers.

- Salut Daniel. Salut Robert.
- Tu tombes bien, toi.
- Ah ? Pourquoi ?
- Ben j'aime pas prendre l'apéro tout seul.
- Oué, c'est vrai. Daniel ? Deux jaunes s'te plait.
- T'as regardé le match ?
- Oué. Les Anglais ont mieux joué.
- Tant mieux. Au moins on verra pas Sarkozy se faire sacrer champion du monde.
- Toi, t'es content d'avoir perdu on dirait.
- Ben moi j'ai rien perdu, c'est l'équipe de France de rugby qui a perdu. Je sais pas si t'as remarqué mais moi j'ai pas joué.
- Pas une raison pour être content de la défaite.
- Mais je suis pas content de la défaite. Je dis que ça a un avantage. Celui d'éviter de se faire bassiner avec Laporte et Sarkozy.
- Ouais, bon... En tout cas j'aurais aimé qu'ils gagnent mais y'a rien à dire les Anglais ont mieux joué.
- Oué. Daniel, ils arrivent nos jaunes où t'attends qu'on pisse de la poussière ?

(Rires)

- Oh les gars, ça va hein ? Ça arrive...

- Ben c'est qu'on a soif... Dis-moi Robert, tu crois qu'ils vont divorcer les Sarkozy ?
- Tu crois qu'ils ont été mariés, toi ?
- Ce que t'es con...
- Pourquoi ? T'as déjà eu l'impression qu'ils étaient mariés ? Moi j'ai toujours eu l'impression qu'ils étaient associés.
- Ben on peut être les deux, non ?
- Oué. Mais faire des affaires avec sa femme ça arrange rarement le couple.
- Ah bon ? Y'a des millions de petits artisans qui font ça pourtant.
- Peut-être mais ils sont rarement constamment ensemble.
- Ben comme les Sarkozy.
- C'est vrai remarque. En fait de président de la république, on a un artisan. Un petit commerçant, quoi.
- C'est peut-être pas plus mal.
- Sauf qu'il a déplacé son commerce juste à coté d'une grande surface, l'Amérique.

- Voilà, vous êtes servis.

- Il était temps... On commençait à raconter des conneries.

- De toute façon vous racontez que des conneries.

- Ben tu voudrais quoi ? Refaire le monde à l'heure de l'apéro le dimanche dans un bistrot ?

- Moi je veux rien du tout du moment que tu picoles.

(Rires)

- N'empêche que pour refaire le monde y'a déjà Sarkozy.
- Encore ?
- Ben oué il est toujours partout. T'as pas vu qu'il veut un nouvel ordre mondial ?
- C'est quoi ?
- Je sais pas. Faudrait lui demander.
- Ben c'est toi qui en parles.
- Je sais pas trop en fait, il est jamais clair le Sarkozy. Mais ça fait penser à un truc basé sur l'ADN...
- Pourquoi faire ? Pour voir chez les gosses, en particulier chez ceux des émigrés, s'il y a pas tendances pédophiles ou criminelles ?
- Ben oué. C'est toujours la faute des émigrés. Faut dire aussi qu'ils y mettent pas du leur. Pourraient pas se transformer en blancs avant de demander à venir ? On leur demanderait pas des tests ADN, si ?
- Va savoir...
- Daniel tu ressers ? Parce qu'avec tous ceux qui vont arriver de la messe tu vas encore nous oublier.

- En tout cas y'a déjà une grève le 18. T'as vu ça ?
- Et alors ? Tu sais ce qu'il dira le président ? Que les grévistes s'opposent à 53% des Français.
- Ben c'est vrai, non ?
- Sauf qu'ils étaient 53% à l'élection. On en sait rien s'ils le seraient toujours aujourd'hui.
- Peut-être qu'ils seraient plus.
- On en sait rien.
- C'est sûr qu'avec des si...
- Le problème c'est que Sarkozy il a été élu avec des si.
- Ah non ! Il a toujours dit qu'il allait faire ce qu'il avait dit et qu'il dirait ce qu'il allait faire, non ?
- Et tu l'as cru ?
- Pourquoi ?
- Parce que c'est avec ça qu'il a gagné. Avec les politiques il faut toujours rajouter des "Si vous me croyez" quand ils parlent.
- Vu comme ça, c'est valable pour tout le monde.
- Surtout lui. Il a gagné.

- Allez ! À la tienne, va.
- À la tienne aussi. On va quand même pas se laisse abattre, hein ?
- Ouais. On va travailler plus pour croire plus...



José

13/10/2007

Le syndrome de la poêle Tefal.

Qui ne se souvient des passages télévisuels de notre communiste révolutionnaire national Alain Krivine. Vociférant et s’engageant dans la « lutte » de la protection des consommateurs en affirmant la nocivité de la poêle à revêtement Teflon. A priori personne ! C’est dommage. Ces images restent un concentré du brouillard social qu’était le monde politique de l’époque, les années soixante-dix. Quid de l’amiante, quid du plomb, quid de tout ce qui était alors totalement interdit en France Quid du nucléaire. Ses pays frères d’Europe de l’est les consommant allégrement et en masse. Ce dont nous constatons les effets dévastateurs sur la santé publique trente ans plus tard.

 

Dans les années 2000, son fils spirituel, Olivier Besancenot, formé dans cette dynamique de la confection du fog piétine à défaut de piaffer. Mais là n’est pas la question.

 

Dans le même temps, années soixante dix, un autre, mais avocat, Didier Bergès s’affairait aux devenirs du consommateur, sans doute attisé par le développement politique d’un autre maître, avocat lui-aussi, mais américain. The Ralph Nader. Qui obtint son heure de gloire en montant l’opinion contre les industriels de l’automobile, ces créateurs de cercueil. Ses propositions, son unique projet politique de propositions techniques et administratives, la copie de la sécurité passive des véhicules Suédois, Volvo et Saab. Et ce pour toute l’Amérique, tous les états américains. Et ce fut la gloire du petit avocat, petit sénateur devenu. « fifti-fifti », Ralph est aujourd’hui totalement rangé des voitures. Et sa seule ambition, durer. Exister malgré tout. Alors un coup je suis pour les démocrates, un coup pour les républicains. Les titres de l’époque « La montagne qui accoucha d’une souris » riaient de cet avocat qui avait fait un arrangement (deal) avec le capitalisme. Or, avec la fin des effets du plan Marshall sur la consommation des ménages en Europe, toujours à l’époque, les faiseurs de bagnoles USA, devaient trouver un nouveau souffle pour investir le vieux continent. Aux Etats-Unis la vitesse étant limitée à plus ou moins 100 km/h, l’objet de cette sécurité passive était limitée et surtout difficilement applicable aux modes de vie américains (ceintures de sécurité).

 

Mais ce n’est pas la question, qui serait. Pourquoi un pays, les Etats-Unis, ou la protection du consommateur est chevillée à la constitution, protection possédant son bureau au département d’état depuis la fin de la guerre de cessession, laisserait libre cours à un avocat dont l’action serait de broyer le capitalisme ?

Pour son apport au capitalisme.

Pour faire passer dans l’opinion, l’obligation de co-développement avec les pays technologiques. Allemagne et Japon.

 

Pour l’automobile c’est le japon qui s’y est collé, apportant sa technologie, sa base commerciale internationale, surtout son savoir-faire industriel. Et par la-même permettre l’orientation des investissements, recherche universitaire et industrialisation dans le futur immédiat. L’informatique.

Mais ce n’est pas la question d’aujourd’hui.

 

C’est Grenelle en France. Parce que la Maurizet sur la lettre hebdomadaire de l’UMP du 11 octobre se fout de la tronche des ses ouailles en grande largeur et profondeur. Elle, comme les autres devrait, soit retourner à l’école, où elle dû esquiver tous les cours d’écologie, soit redevenir conseillère municipale de son village de la grande couronne parisienne pour la protection des caniches nains en danger. Donc qu’elle se foute des militants UMP c’est bien, ils ne seront pas déçus lorsqu’elle demandera à faire partie du futur gouvernement de gauche, toujours dans la protection des cons en danger.

Donc La Maurizet oublie, un politique démocratique ne ment pas, le développement de l’écologie et du développement durable chez ses potes américains qui, sur le sujet, il faut bien nous l’avouer, nous ont bien enfumés. Dans les dix prochaines années, 50% des matériels et services liés au développement durable sera américain. Déjà General Electric, fait 50 milliards de dollars de plus value grâce à ses produits écolo. Usine de traitement d’eau solaire, réacteur d’avion, substrat composite pour maraichage sans addition d’eau, la liste est longue. Arrêtons-nous à G.E. Chez son copain Westinghouse, c’est encore plus étonnant. Délirant est le mot juste. Quoique dans les années soixante-dix déjà Westing et JI-I financaient les villages écolo (Steeve Beart) du nouveau Mexique situés juste au-dessus de Palo Alto.

 

Avouons.

Pour un pays dont le chef de l’exécutif se fout toujours joyeusement de la protection de la planète, ça sent la manipulation.

Or, aux Etats-Unis la protection de l’environnement et le développement durable ont deux entrées principales.

 

La première.

Augmenter le positif de la balance commerciale. C’est le PIB et rien d’autre qui génère le développement social, d’abord le respect des contrats sociaux, l’augmentation des salaires, la responsabilité démocratique.

 

La seconde.

Organiser l’opinion pour faire des américains les chantres de la protection de la planète et surtout lui faire demander à ce que l’Amérique soit le gendarme de la pollution/dépollution. C’est à dire, faire fabriquer tous les produits industriels rentables aux Etats-Unis. Pour les américains aujourd’hui, leur Grenelle, c’est comme en France dans les années 70.

Travailler Ici et maintenant.

 

La question. Que fera le gouvernement Français de notre Grenelle ? Investir la planète de nos produits industriels écolo et durables, remplir nos comptes sociaux et augmenter nos salaires. Ou, en rupture avec les méthodes capitalistes Français antécédentes, préparer l’opinion à la sortie de subventions pour co-financer la plus value de nos entreprises nationales, les Bouygues, Bolloré, Générale des Eaux et son florilège d’entreprises de services, Dassault, EDF et filiales… Lagarde ne pouvant plus nous faire le coup d’EADS. Alors ?

La rupture avec avant. C’est Besancenot qui ne partira pas sur la poêle Tefal et la défense du consommateur. Et là, il a tort. C’est de là que repartira la gauche.

La seule question. Qui s’y colle ?

 


Martingrall

12/10/2007

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