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17/01/2008

La Police Canada Dry ?

Que l'on ne se méprenne pas, il n'y a aucun dénigrement dans le titre. Je ne sous-entends pas que la Police d'aujourd'hui ne contient aucun degré d'alcool. Non, non. Loin de moi ce genre de propos.

Trêve de plaisanteries.

En observant avec un peu de recul la vie politique française, on pourrait considérer assister à une guerre des marques. Entre les émissions de téléréalité  et leurs saisons (gouvernements Raffarin I et II, Fillon I et II, etc.), les lois (Galland, Perben I et II) sur lesquelles les ministres ou députés cherchent à imprimer leur nom, le temps passe vite. Très vite. Et les slogans défilent. Ne manque plus que le logo. Et dire que certains ministres ont réellement conscience des conditions privilégiées que leur procure le "Loft Story" gouvernemental...

Dans ce secteur éminemment public qu'est la politique, les règles du marketing doivent faire mouche et pour ce faire la sémantique est devenue affaire d'État.

Nous sommes ainsi les habitants d'un pays dont les caisses sont vides mais qui n'est pas en faillite, François Fillon mène une politique  sérieuse mais pas de rigueur, nous ne subissons pas des sacrifices mais bénéficions de réformes et ainsi de suite.

Mais parfois la réalité rattrape l'illusion sémantique. Après avoir supprimé la "Police de proximité" de Jean-Pierre Chevènement (parce qu'elle passait son temps à jouer au foot avec les habitants des "quartiers") et l'avoir remplacée par les bataillons de Robocop-CRS lors des émeutes de 2005 (qui avaient provoqué, fait unique depuis la guerre d'Algérie, un couvre-feu national) et celles qui ont suivi l'accident de Villiers le Bel, il semblerait de nouveau évident aux yeux de nos dirigeants que la répression ne suffise pas. Sans blague…

Pourtant, nos fonctionnaires de Police n'ont pas démérité et leur professionnalisme a été unanimement salué face à des situations aussi explosives.

Peut-on alors parler de retour en arrière ou de perte de temps ? Que nenni, nous dit-on. Parce que faire et défaire, c'est toujours travailler ? Vous n'y êtes pas. Il ne s'agit pas du tout de la même chose dont on parle.

La police de proximité de Jean-Pierre Chevènement était composée d'ilotiers, la police de Michèle Alliot-Marie va expérimenter les "unités territoriales de quartier".

Ça a le gout de la police de proximité, la couleur de la police de proximité mais ce n'est pas la police de proximité.

Cette police de Jean-Pierre Chevènement, instaurée en 1997 par le gouvernement Jospin, avait pour caractéristique d'être proche des habitants, celle de Michèle Alliot-Marie officiera sur le même terrain qu'eux. C'est toute la nuance.

Nous avions auparavant une police de proximité, nous aurons désormais des habitants à proximité de la police sans qu'ils se déplacent.


Ce n'est pas le bus qui roule, c'est le paysage qui défile...

06/12/2007

Nicolas Sarkozy piège ses propres troupes

Il a été souvent attribué à Nicolas Sarkozy la stratégie du pompier pyromane.

La stigmatisation des populations des quartiers et cités sensibles constitue la pierre angulaire de la stratégie électorale de Nicolas Sarkozy. L'objectif étant bien sûr de se placer à l'opposé de l'angélisme supposé de la gauche. Soit. C'est de bonne guerre. 

L'instrumentalisation des fonctionnaires à des fins politiques est récurrente, qu'il s'agisse de fonctionnaires civils comme les RG ou militaires comme la DGSE. Mais le principe intangible régissant ces opérations a toujours été que la hiérarchie ne devait jamais "lâcher" ses exécutants. Et même si l'on peut se souvenir de la trahison des plus hautes sphères de l'État lors de l'affaire du Rainbow Warrior et toute la tartufferie qui a suivi, ce n'est pas une règle et les lâcheurs en ont payé le prix.

Mais comment qualifier l'attitude qui consiste à littéralement piéger des fonctionnaires pour que la communication publique colle aux desseins d'une décision ministérielle ? À organiser une rencontre publique dans le seul objectif de mettre ses propres troupes en porte à faux ? À humilier ses propres subordonnés devant des millions de téléspectateurs dans la seule intention d'asseoir son image ?

Je ne sais pas, je n'ai pas de mots.

Et si vous vous demandez pourquoi j'ai écrit ce billet, je vous demanderai avant de répondre de vous en référer à l'article qui l'a initié.

C'est ici, c'est sur Bakchich. 

 

José 

 
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