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20/02/2008

Popularité de Nicolas Sarkozy : l'auto-désaveu du peuple ?

Au premier tour de l'élection présidentielle de 2007, plus de 18% des électeurs français ont exprimé en votant au centre leur volonté de dépassement des clivages gauche-droite et une inquiétude sur l'influence du pouvoir et des médias, entre autres. Il s'avère aujourd'hui que c'était alors parfaitement fondé.

J'ai déjà écrit dans un billet précédent que l'on pouvait, et le plus décemment du monde de surcroît, parler de ménage à trois.

Ceux qui s'en horripilaient pendant la campagne présidentielle s'en réjouissent aujourd'hui, tout impatients qu'ils sont de voir l'éventualité de l'explosion en vol du président de la République en direct se concrétiser. Quant à ses partisans de la première heure, peu filtre, mais certains n'hésitent pas à douter de plus en plus fort des qualités de leur chef de file, y compris en pleine campagne municipale.

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12/01/2008

Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas.

"Si l’Europe reste l’affaire des responsables politiques et économiques sans devenir celle des peuples elle sera vouée à l’échec à plus ou moins brève échéance. L’Europe doit être au service des peuples. Bien sûr on ne peut l’imaginer contre. Mais on ne peut pas davantage l’imaginer sans ! L’Europe c’est le partage d’une souveraineté. La souveraineté c’est le peuple. A chaque grande étape de l’intégration Européenne il faut donc solliciter l’avis du peuple. Si nous croyons au projet Européen comme j’y crois, nous ne devons pas craindre la confrontation populaire. Si nous n’expliquons pas, si nous ne convainquons pas, alors comment s’étonner du fossé qui risque de s’amplifier chaque jour entre la communauté Européenne et la communauté Nationale ? Je le dis comme je le pense. Je ne vois pas comment il serait possible de dire aux Français que la Constitution Européenne est un acte majeur et d’en tirer la conséquence qu’elle doit être adoptée entre parlementaires sans que l’on prenne la peine de solliciter directement l’avis des Français.

J’appartiens à la famille Gaulliste qui a toujours considéré le référendum populaire comme l’une des expressions les plus abouties de la Démocratie. Je souhaite que nous en tirions toutes les conséquences, même si je n’en ignore aucun des risques. Comment imaginer que les Anglais le fassent et que nous, nous nous en abstenions ? Je crains dans le cas contraire une réaction d’incompréhension sévère des Français."

Nicolas Sarkozy, 9 mai 2004 à Aubervilliers.

 

 

 

"Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous décevrai pas."

Pinocchio, 26 mars 2007 à Saint Didier. 

27/12/2007

UIMM et Tracfin : transparence jusqu'à l'effacement de données ?

C'est Marianne numéro double 557-558 en page 28 qui nous l'apprend en posant une question qui fâche : le ministère des Finances cacherait-il d'inavouables secrets ?

D'après la version officielle c'est la cellule de traque anti-blanchiment Tracfin qui aurait alerté sur les retraits en liquide de l'UIMM.

Sauf que.

Sauf que François Werner (biographie.pdf), le patron de Tracfin, a remis aux policiers chargés de l'enquête, lors d'une perquisition le 13 décembre qualifiée par l'hebdomadaire de "courtoise", des documents bancaires qu'il avait "oublié" de remettre au procureur de la République de Paris.

C'est là que commencent les surprises. Les policiers n'ont pu relever aucun enregistrement informatique du dossier. Aucun fichier, aucune note, aucun document n'a été retrouvé sur les ordinateurs des fonctionnaires ayant eu à traiter ce dossier. Seule une "synthèse papier" existerait et, comme le relève à juste titre Marianne, comment expliquer alors les déclarations comme quoi il aurait été effectué de "longues et minutieuses investigations" ? Évidemment, ce non-constat a conduit le juge Roger Le Loire à demander une expertise des disques durs de plusieurs ordinateurs de Tracfin (techniquement il est possible de retrouver les données d'un disque dur même si elles ont été effacées, formatées et écrasées plusieurs fois).

Plusieurs questions restent toutefois en suspens : François Werner est un ami proche de Jean-François Copé, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget en 1993. Tracfin a été alerté dès 2004 par la BNP des retraits en liquide de Denis Gautier-Sauvagnac mais il aurait été alors donné consigne de mettre le dossier en attente. Sans aucune "note ministérielle" cependant selon une source proche du dossier et de l'inquisition...

Mais pis. Aucune enquête sérieuse n'a été menée par Tracfin qui n'aurait même pas consulté le fichier des comptes bancaires, ce qui aurait permis de constater que l'UIMM disposait d'au moins une dizaine de comptes bancaires sur lesquels ont été effectués plus de 20 millions d'€uro de retraits en liquide.

Christine Lagarde, ministre des Finances a fait savoir que Tracfin ne ferait aucun commentaire avant même que son patron ne réagisse.

Les disques durs des ordinateurs vont-il parler et peuvent-ils mettre en ébullition les coulisses du pouvoir ?

À suivre...

02/12/2007

Shooting or not shooting ?

C'est la question qui a enflammé Villiers le Bel. Celle qui taraude les esprits, celle qui divise, qui radicalise, qui oppose, qui antagonise...

Mais est-ce la bonne ?

Traiter les agissements émeutiers de "voyoucratie" suffit-il à l'analyse ? Asséner "Ceux qui prennent la responsabilité de tirer sur des fonctionnaires de Police sont des criminels" suffit-il à s'exonérer de la compréhension du phénomène ?

Jean-Marie Le Pen rhétorise par constats, Nicolas Sarkozy par évidences.

Constat : les immigrés de ces quartier ont la haine de la Police.

Évidences : ceux qui tirent sur les flics sont des criminels.

Et la question lancinante qui revient, comme un leitmotiv diviseur...

Shooting or not shooting ?

C'est d'une affligeante évidence : les gens qui tirent sur quelqu'un sans être investis d'une autorité qui leur permette de le faire dans les conditions prévues par la Loi sont TOUS des criminels.

D'un affligeant constat : l'État doit porter sa responsabilité dans la discrimination qui pèse sur les habitants de ces "banlieues".

Pourquoi tant de haine, de défiance ?

Shooting or not shooting ?

Fadela Amara veut nettoyer les cages d'escalier, Harlem Désir l'avait déjà dit il y a vingt ans. Entre temps la situation sociale dans ces endroits a empiré. Rien n'a été fait.

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Shooting or not shooting ?

Nicolas Sarkozy veut faire passer les responsables de ces tirs criminels devant la Cour d'Assises.

Shooting or not shooting ?

C'est une question de justice, pas de politique.

Shooting or not shooting ?



L'oubli.

Ces quartiers n'intéressent personne. On en parle uniquement parce que de tels évènements s'y produisent. Depuis 2005, comment ont été traités médiatiquement les promesses faites alors par le gouvernement de Nicolas Sarkozy d'y créer des emplois ? Qui a suivi le dossier ? TF1 en traitant le sujet uniquement sous l'aspect de la délinquance, du trafic ? Ce problème, la plaie ouverte de notre pays, coute bien plus cher à la collectivité que les régimes spéciaux, mais qui approfondira le sujet ? Qui se penchera sur les conditions de vie misérables des habitants, de leurs enfants et de leurs petits enfants ?

Comment ne pas admettre que n'y placer que des enseignants novices et inexpérimentés constitue une ségrégation de fait tant pour les citoyens que pour ces fonctionnaires ?

Comment ne pas admettre que n'y envoyer que des flics novices, inexpérimentés et apeurés constitue une discrimination de fait tant pour les citoyens que pour ces fonctionnaires ?

Qui analysera en profondeur que la résultante logique de cet effet est que la population se dit qu'elle ne mérite de la République que les éléments les moins performants de nos institutions ?

Personne.

Non.

Là n'est pas la question.

Shooting or not shooting ?


Justice or not justice ?

Shooting or not shooting ?

Seulement dans ces quartiers.

Et ces quartiers : France or not France ?

Cette question est déjà rentrée dans l'oubli.

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José 

 
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