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19/11/2007

Réformer la réforme ?

On peut associer la décomplexion contemporaine du monde des affaires, en l’appréhendant dans la continuité de la longue lutte de libération des dogmes chrétiens qui condamnaient l'objectif d'enrichissement personnel découlant des activités marchandes. Une lutte parallèle à celle conduite en faveur de la liberté de créer et de penser. Toutes conduisant à la reconnaissance d’une place centrale à l’être humain dégagé ainsi de son statut de simple produit de la Création.

Depuis la Renaissance et l'invention de la comptabilité en partie double, ceux qui se livrent à ces activités vilipendées mais néanmoins nécessaires à une société peuvent s'exonérer de la question de savoir si ce qu'ils font est bien ou mal selon les critères moraux de l'Eglise et de leur conscience.

Ils ont la possibilité de focaliser leur attention sur le fait de savoir si les profits de l'année équilibrent voire dépassent leurs dépenses. Un outil externe d'évaluation générale de l'activité économique qui se veut neutre permet de rendre obsolètes les impératifs religieux d'antan appliqués à ce domaine d'activité et à finalement l'autonomiser de la sphère morale.

De nos jours, cette autonomie totalement réalisée de longue date rend possible la conquête de territoires allant toujours plus profond dans le détail des activités à « marchandiser ». Un peu comme le pétrole, on va chercher l'argent de plus en plus loin en fouillant au tréfonds des activités humaines.

L'activité économique est devenu un simple moyen pour faire des profits, et une inventivité certaine a été mise au service de la création sans fin de nouveaux besoins plutôt que de la satisfaction des besoins essentiels (alimentaire,sanitaire, éducatif, etc.).

Si bien que l'on a des sociétés qui consacrent des trésors d'imagination à créer de l'inutile, du superflu, parce que c'est source de profits, au lieu de s'intéresser à traiter les besoins vitaux et sociaux qui, n’en déplaise à la pyramide de Maslow, ne sont pas élémentaires mais bien plutôt sont en évolution constante eux aussi. Or, ce sont finalement les seuls à compter pour tout un chacun et à assurer à tous le fait de pouvoir vivre décemment dans une société solidaire et responsable. Ce dont nos sociétés du superfétatoire ne se préoccupent que marginalement.

On a ainsi franchi un pas supplémentaire par lequel la quête du profit est devenue l’enjeu majeur de l’activité économique, coupant celle-ci du lien entre les besoins humains et sociaux et leur satisfaction. La marchandise précède le désir, l’offre crée la demande. En ce sens, au lieu de suivre les évolutions sociales, la constitution de nouveaux besoins, de nouveaux sujets de préoccupation, dans une démarche d’adaptation constante à ceux-là, le raisonnement économique s’est au contraire créé son propre univers clos, amoral pour le coup, purement évaluable en termes mathématiques et dépourvu d’un questionnement interne.

En adoptant une posture critique à l’égard de cet environnement constitué de croyances, de savoirs de pratiques établies, sans doute aurions-nous là à portée de main le principe qui donnerait corps et sens à une société authentiquement "socialiste", utilisant l'économie pour satisfaire les besoins de tous les citoyens ou les besoins citoyens et sociaux (à la fois individuels et collectifs) de chacun. Par socialiste, je n’entends pas désigner un parti, mais bien plutôt une conception générale de la société, à vrai dire transpartisane, et qui se traduirait, pour le dire brièvement, par la préférence accordée non pas à la course aux profits, mais à la course au mieux-être, car il s’agit bien d’une course, c'est à dire d’un effort constant dans les deux cas. Un autre type d'enjeu « d'excellence » pour une société est concevable finalement. Autrement plus mobilisateur que le "travailler plus pour gagner plus" qui instrumentalise le travail en le faisant passer pour un moyen en vue de la satisfaction d’un intérêt strictement personnel. Un pur utilitarisme qui nous montre combien l'autonomisation de la sphère économique par rapport aux préceptes moraux qui ont cours dans d’autres secteurs de la société ordinaire a appauvri la possibilité même de référer nos existences et nos relations à un projet de vivre ensemble, et a désagrégé en partie l’idée que la communauté politique est notre responsabilité et notre destin d’êtres sociaux.

À cet égard, on peut se demander si les inquiétudes qui sont au cœur des mouvements sociaux actuels en France, en même temps que leurs objectifs exprimés, ne soulignent pas quelque chose de l’ordre de la crainte collective partagée de façon diffuse de la perte d’un garant de ce vivre ensemble qu’est l’État tel que symboliquement investi dans la culture française ? L’orientation politique dominante actuelle, caractérisée par son horreur du passé et de la pensée, et son goût effréné de l’action, aurait ainsi heurté, tel un chantier d’autoroute mettant au jour des vestiges, des fondations anciennes et toujours présentes sous les gravats d’un élément qui participe de l’identité nationale.

Si réformer se conçoit, il y a sans doute des façons de réformer qui sont plus appropriées que d’autres dans un contexte donné.  Et en particulier figure dans cette pratique l’idée d’une réflexivité particulière. Réformer c’est agir pour modifier une manière d’agir dans un domaine particulier au fonctionnement jugé perfectible. Se jeter dans la réforme comme on avance dans l’action initiale, sans se préoccuper de la singularité de ce méta-niveau le ramène au statut d’une action ordinaire, sans principe d’hétéro-régulation par la critique publique. Ce qui se passe détruit alors ce qui est, sans même y prêter attention.

La réforme envisagée et pratiquée de la sorte ne peut qu’être source d’inquiétude alors qu’elle prétend  améliorer et ajuster l’existant pour lui permettre de faire face au mieux à des conditions nouvelles.



Off

18/11/2007

Poulet label ou poulet javel ?

Préambule : Ce texte est le second volet d'un triptyque consacré à l'Europe. Hier et aujourd'hui sur des sujets peu ou pas relayés dans les médias mais qui touchent notre vie, et demain une vue politique.

Poulet label ou poulet javel ?

C'est l'histoire d'une prise de bec qui vire à la prise de tête...

Depuis dix ans l'Europe interdit l'importation de poulets américains. "Protectionnisme !" crient les Américains, " Réserves sanitaires !" rétorquent les Européens.
Pourtant ils sont sains les poulets américains....
Essentiellement nourris au grain... produits par l'utilisation d'OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), dont on sait que les américains sont grands utilisateurs et après l'abattage, plongés dans un bain de chlore. Quand on a en mémoire les effluves dégagés par ce produit et aussi l'effet sur la peau quand on a le malheur de s'en ramasser sur les mains, on peut en effet émettre quelques craintes sur "US chicken".

Donc, les Américains se targuent d'avoir les poulets les plus sains et les Européens ne veulent pas ajouter ces nouveaux ingrédients dans leurs recettes : la javel et les OGM.

Pendant ce temps on nous agite comme on agiterait une muleta devant les yeux d'un taureau le spectre du H5N1.

En France, entre octobre 2005 et avril 2006, cette annonce a fait chuter la consommation de 15 %, 53 entreprises avaient eu recours au chômage partiel, 60 états avaient placé les produits avicoles français sous embargo. Ce qui est somme toute la moindre des précautions sanitaires. Mais les États-Unis sont aussi concernés par ce virus...

Certes, il y a sûrement un peu de protectionnisme là dedans mais à ce sujet les Américains ne sont pas les derniers. Que ce soit dans l'alimentaire, la téléphonie, les compagnies aériennes, le bois et aujourd'hui l'e-commerce.

L'arrivée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace européen y est sans doute aussi pour quelque chose. Ces pays étaient gros importateurs de poulets d'outre atlantique. Jusqu'en 2008, date de la décision des autorités de Bruxelles, ils devront s'en passer. Mais après ?

Pourquoi vouloir importer du poulet alors que notre filière avicole est la première productrice d'Europe, et qu'elle pâtit pour l'essentiel de la concurrence exercée par les éleveurs extérieurs à l'Union Européenne ?

Ah si, peut être est-ce à cause de ce spectre qu'on nous agite...
Le H5N1 tout dangereux qu'il soit pour la santé a bon dos dès qu'il s'agit d'écouler ailleurs sa marchandise au détriment de la qualité pour les consommateurs et des emplois pour les salariés...

Sacrifié le poulet...



Collectif DEL
sur un billet de Gaëlle

17/11/2007

Dégout et des couleurs.

Cela va paraitre bien futile après les sujets précédents. Mais bon, voila. Le ciel est gris, l'automne tire gentiment sur sa fin rougeoyante et cendrée pour aller vers le blanc laiteux et la nuit noire...

Un peu de couleur nous ferait du bien, humains palots ressortant encore plus dans nos vêtements aux couleurs similaires, inféodés que nous sommes aux couleurs passe-muraille, des que le mercure descend se réfugier au fond du thermomètre.

Du rouge, du bleu, du jaune, du magenta...

Ah non...pas du magenta.
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On n'a plus le droit de l'utiliser. La couleur "magenta" à été déposée à titre de marque (CTM 002534774) par Deutsche Telekom, dont le logo comprend un "T" de cette teinte. Selon l'entreprise, le magenta est partie intégrante de son logo, ce qui interdit à quiconque de l'utiliser sans son autorisation, et cela même sur un ordinateur.

On croit rêver.

Et en plus c'est illégal : on peut en effet déposer un site, un nom, un logo, mais, comme le dit l'article 4 du règlement de l'Union européenne sur les marques déposées, cela concerne "tous [les] signes susceptibles d'une représentation graphique". Les couleurs en sont donc exclues. Une règle qui découle de l'article 7 du même règlement, selon lequel "sont refusés à l'enregistrement les signes qui ne sont pas conformes à l'article 4".

Un vrai sabir de technocrates une fois de plus...auquel répond un autre sabir de technocrates... :

Un arrêt de la Cour de justice des communautés européennes de 2004 selon laquelle "des couleurs ou des combinaisons de couleurs désignées de manière abstraite et sans contour dans une demande d'enregistrement […] peuvent constituer une marque […] dans la mesure où […] la demande d'enregistrement comporte un agencement systématique associant les couleurs concernées de manière prédéterminée et constante".
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Vous y comprenez quelque chose vous ?

Moi non, à part que demain en extrapolant Orange peut faire de même, que Renault pourrait déposer le jaune, et ainsi de suite. Bref au choix un monde monochrome ou alors payant sa diversité en billets...verts.

L'Europe des marchands de couleurs devenant ainsi celle de la couleur des marchands...

 

http://www.stijlfigurant.nl/magenta/ 

http://www.freemagenta.nl/

 

Collectif DEL
sur un billet de Serval

16/11/2007

Le cafard sous les ombrelles...

Ah le cafard. Le plus proche ami de l'homme. Celui qui vit au plus près de lui je veux dire dans ses cuisines, entre autres, où il se nourrit des déchets et aussi parfois des provisions.

Il faut vraiment avoir envie de l'étudier, convenons en. Et pourtant des chercheurs belges, suisses et français se sont interessés à lui. Plus exactement à sa version américaine le "Periplaneta americana".

Pourquoi ?

Parce que placés dans un environnement clos et circulaire, vivement éclairé et agrémenté de deux ombrelles rigoureusement identiques un groupe de ces insectes finit invariablement par se regrouper sous l'un des deux abris. Lequel ? Impossible à prévoir. À chaque renouvellement de l'expérience, ils élisent aléatoirement l'un des deux refuges.

Nos vaillants chercheur leur ont donc envoyé des robots miniatures parfumés aux phéromones de cafard pour faire plus vrai. Au plus fort de l'experience, les robots (4 pour 12 cafards) ont été pilotés pour choisir une des deux ombrelles, y entrainant les autres.

Il en ont déduit ainsi que le "periplaneta amaricana" est un "insecte pré-social" relativement fruste mais aussi que quelques robots habilement grimés peuvent contraindre fortement le fonctionnement d'une communauté animale trois fois plus nombreuse.

Quand on disait que le cafard est l'animal le plus proche de l'homme...



Collectif DEL
Idée et illustrations de Skalpa

15/11/2007

Au hasard de mes pas

C'était il y a un an. Mon parcours à l'époque me faisait emprunter les quais.

Du rouge à perte de vue, des petits dômes étaient alignés de chaque côté du canal.

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Je croisais fréquemment Augustin sur son scooter ou je l'apercevais quand il discutait avec les sans domicile. De temps en temps, les caméras étaient là.

Les reportages télévisés avaient montré des images de ces campements mais j'avais largement sous-évalué la quantité de tentes et par conséquent le nombre de personnes touchées par ce drame.

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J'avais écouté attentivement les promesses du gouvernement, notamment celle du futur candidat "engagé" à ne plus accepter cette détresse. "Avec lui, les gens ne dormiraient plus dans ces tentes" (Citation très approximative mais l'esprit y est).

Aujourd'hui, je me dis qu'il a "tenu" sa promesse, les tentes sont dégagées manu militari de leurs habitants.

Les marchands de sommeil avec leurs traquenards d'hôtels minables affichent tranquillement les tarifs du "George V" (rapport qualité/prix) si on a encore le cœur à plaisanter.

L'État et les collectivités payent le prix lourd pour héberger des familles dans des trous à rats puants et dangereux. Les travaux de mise aux normes ne sont jamais exigés ou pas vérifiés. Les malfrats s'en mettent plein les poches au nom de la misère sociale.

L'État n'a pas cru prioritaire de légiférer sur cette question. Les heureux propriétaires participent "au marché".

Pas d'urgence, les économies réalisées se feront par l'expulsion des malheureux.

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Expulser en masse, voilà la solution, plus de misère, plus de tentes.

Quand à suggérer qu'on pourrait appliquer la loi sur les réquisitions de logements vides (revendiquée de longue date par le DAL)... Toucher à la sacro-sainte propriété, même quand elle est réduite à un objet de spéculation, même quand des bâtiments inoccupés se dégradent à vitesse grand V, vous n'y pensez pas sérieusement, j'espère?

Tiens à propos... Qui a déclaré le 18 décembre 2006 :

"Je veux si je suis élu président de la République que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid". "Le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a plus un toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société, où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s'en trouvera remis en cause".

Et bien c'est Nicolas Sarkozy !

C'était il y a un an, c'était hier. C'est aujourd'hui...

 

 

Collectif DEL
sur un billet d'agathe

14/11/2007

Paroles de malades

Voila, c'est arrivé parmi les nombreux mails du Collectif DEL hier après-midi. C'était moins une contribution qu'un appel.

Un appel à la raison plus qu'un appel au secours : "Nous ressentons le projet de franchises médicales comme injuste et humiliant. Au vu de toutes ces remarques, nous affirmons que toute la campagne visant à justifier ce vote en nous exposant à la méfiance des personnes en bonne santé, nous incite à la colère". Le texte intégral est ici en fichier pdf : Paroles de malades.pdf.

Rien que cette association de mots "franchise médicales" est à elle seule porteuse de toute la volonté nauséabonde du président de la République et de ses comparses : sous couvert de franchise (d'autres parlent de transparence), ils dépiautent et désossent à la vitesse de l'ombre comme on le ferait avec une volaille ce que d'autres ont mis des générations à construire. Que cela soit des acquis très concrets comme des symboles de solidarité et de fraternité, ce qui faisait de notre pays une terre un peu à part est mis à bas en même temps.

Ceux qui ont écrit ce texte vivent au quotidien la différence. Celle qui sépare les malades des biens portants.
Aujourd'hui c'est eux. Demain, ce sera peut-être toi qui le lis en ce moment.

"Les bien-portants sont des malades qui s'ignorent"
Jules Romain - Knock (1923)



 

 


 
 
 
Collectif DEL 

13/11/2007

Delanoë, The real one !

Quoi, le DEL est déjà en campagne pour les municipales?
Disons qu'au vu de la tonalité au mieux grise et au pire très sombre des billets, que l'on nous a parfois reprochée, un interlude irrévérencieux nous a semblé nécessaire.
Et que, quitte à voter pour des clowns, autant qu'il soient vraiment drôles...

Alors  nous avons le plaisir de vous présenter le programme électoral de Gaspard Delanoë, lascar que les Parisiens ont pu découvrir dans le squat artistique "Chez Robert Électrons libres*", rue de Rivoli. Entre autres multiples performances, Chez Robert  Électrons libres est célèbre pour avoir organisé un concours de sosies de Catherine Tasca (alors ministre de la Culture, en cette préhistoire qui voyait un gouvernement socialiste aux manettes). Nous vous laissons découvrir son pataphysique programme et lui apporter vos suggestions !

 

VOTEZ Gaspard DELANOË, LE " VRAI " DELANOË.

1° Augmentation de 100 % des impôts locaux ( afin de financer la construction de logements sociaux).

2° Inauguration de la ligne « Saint-Lazare – Gare de Lyon » en montgolfière et développement rapide du réseau Montgolfière sur Paris.

3° Transformation du funiculaire de Montmartre en tire-fesses et instauration de Paris-Schuss l'hiver sur la Butte, pendant de Paris-Plage l'été sur les berges.

4° Construction de stations de parking U.L.M. dans le ciel à usage privé.

5° Destruction du Vieux Paris remplacé par de magnifiques buildings design-és par Rem Koolhaas, Jean Nouvel et Philippe Starck.

6° Obligation pour tous les commerces de rester ouverts 7 jours sur 7, 24 H sur 24 : création de 3 millions d'emplois intra-muros dès la première semaine de la mandature.

7° Assainissement définitif de la Seine afin que l'on puisse non seulement s'y baigner, mais également la boire : la Seine deviendra le « Premier Fleuve d'eau minérale du monde ».

8° Requalification de la Petite ceinture en promenade publique, bucolique et alcoolique : installation de nombreux bars le long de la voie ferrée ainsi que de salles de concert le soir et mise en circulation d'un Train fantôme à partir de minuit.

9° Accès libre toute la nuit aux cimetières de Paris afin de rétablir un dialogue gagnant-gagnant entre les morts et les vivants.

10° Plutôt que « d'envisager » le Grand Paris, passer tout de suite au Très Grand Paris qui recouvrira l'ensemble du Territoire français et mettra fin au règne médiocre des baronnies de province.

11° Annexion immédiate de Neuilly à Paris.

12° Organisation quand même des Jeux Olympiques 2012 à Paris et ce, dès 2011, afin de couper l'herbe sous le pied à ces c……s de Londoniens.

13° Mesure environnementale et bioéthique : à l'instar des centaines de containers verts dans lesquels on peut recycler les bouteilles vides, installation de centaines de containers marrons dans lesquels on recyclera les crottes de chiens, ce qui permettra de fabriquer à bas prix de l'engrais écologique pour les pelouses parisiennes.

14° Réintroduction de l'ours slovène dans la forêt du Jardin du Luxembourg ainsi que du loup des steppes dans les bois du Parc Monceau afin de rétablir la biodiversité dont Paris manque cruellement.

15° Destruction du Sacré Cœur, symbole du massacre de la Commune de Paris et construction à sa place du Grand Phare de Paris qui permettra à tous les parisiens échoués de disposer d'un repère dans la nuit.

16° Engloutissement de l'île de la Jatte et déploiement d'un vaste parc à péniches sociales afin que les pauvres puissent flotter.

17° Élargir à l'ensemble des arrondissements la proposition qu'avait lancée Jean Tibéri dans le 5ème arrondissement : accorder le droit de vote aux décédés car, première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants de décédés.

18° Paris compte actuellement 30 000 caméras de surveillance publiques contre 67 000 à Londres. Il s'agit de passer très rapidement à 700 000 caméras de surveillance de manière à parvenir au ratio de 130 caméras par rue et d'atteindre l'objectif Délinquance Zéro, voire Délinquance Moins Un (si possible).

19° Destruction de la Tour Montparnasse en hommage à Jacques Chirac qui avait déclaré "J'adore monter à la Tour Montparnasse, c'est le seul endroit de Paris d'où l'on n'aperçoive pas la Tour Montparnasse". À sa place, construction d'une piscine olympique afin que Laure Manaudou puisse s'entrainer tranquillement .

20° Installation de 1500 stations Dromalib', service de location de dromadaires.

21° Entre les couloirs de bus et les pistes cyclables, aménagement d'un couloir de la mort pour ceux qui sont au bout du rouleau.

22° Destruction du 5, cour des Petites Écuries.

23° Changement de couleur de tous les bancs de Paris : le rose fuchsia remplacera cet immonde vert bouteille.

24° Obligation pour tous les tabacs de faire également crèche (création d'une Mission de réflexion sur les concepts de crèche-fourrière,crèche-vide-grenier, crèche-Bougez-avec-la-Poste, crèche-encombrants, crèche-Monoprix, etc).

25° Remise de la médaille de la Ville de Paris à Vladimir Poutine « pour l'ensemble de son œuvre ».

26° Réintroduction de 2000 pousse-pousse dans Paris et construction de 130 kilomètres de voies pousse-pousse doublée d'un arrivage de tireurs de pousse-pousse en provenance du Bengale, du Bhoutan et du Bangladesh.

27° Éradication progressive par compression de tous les taxis qui auront été préalablement recensés comme bruyants, homophobes, polluants, racistes et qui puent.

28° Réouverture dans la nuit même de mon élection de toutes les maisons closes de Paris, qui seront déclarées d'utilité publique.

29° Le parvis Notre Dame qui a récemment été rebaptisé place Jean-Paul 2 sera re-rebaptisé place Zinédine Zidane et sera réaménagé en centre d'entrainement du Paris-Saint-Germain.

30° Dans tous les AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris), interdiction d'utiliser le mot « euthanasie » qui ne recevra jamais l'assentiment du public parce qu'étant phonétiquement trop proche de « état nazi » et à sa place, utilisation de l'expression « Raccompagnement vers la sortie » avec relecture assistée de la Société du Spectacle de Guy Debord juste avant la mort.

31° Destruction du Forum des Halles, vieux, désuet et ringard et construction à sa place d'une centrale nucléaire qui permettra à Paris de se doter d'une capacité énergétique à vocation mondiale.

32° Instauration du cybervote mondialisé : Paris ne peut plus être une élection locale où seuls les parisiens ont le droit de s'exprimer; c'est pourquoi les citoyens du monde entier, y compris les Indonésiens, les Maliens et les Péruviens auront, par Internet, le droit de vote. Naissance du véritable suffrage universel. Le maire ainsi élu par le monde entier jouira d'une légitimité qui lui permettra d'appliquer ses réformes plus facilement.

33° Mise à pied du français et instauration de l'anglais, langue officielle avec apprentissage obligatoire du Wall Street English dans toutes les crèches.

34° Apprentissage par cœur de ce qui deviendra le slogan de la Ville de Paris : You Snooze, You lose (traduction en français : « Si tu roupilles, t'es une merde »).

35° Après la Rive Droite et la Rive Gauche, instauration par décret d'une rive Trans' qui sera située sur l'île de la Cité et où vivront les adhérents du MoDem. Parce que les vrais centristes sont transsexuels.

36° Mise en place de la Prison Équitable qui permettra à tous les parisiens d'échanger un peu de leur temps libre (une demi-heure par ci, une demi-heure par là) contre du temps emprisonné et donnera ainsi la possibilité à des incarcérés de se réinsérer à petites doses. Concept limité aux prisons de Paris.

37° Destruction de l'Opéra Bastille mal fichu, en lambeaux et impopulaire et reconstruction à sa place de la prison de la Bastille. Des stages et des formations de révolutionnaires prêts à reprendre la Bastille seront proposés à tous les érèmistes, chômeurs et vacants.

38° Les personnes qui auront été surprises en train de fumer dans un lieu public après le 1er février 2008 - date à laquelle la loi entrera en vigueur - seront exécutées.

39° Afin que Paris intra-muros conserve son dynamisme, sa fraicheur et son potentiel innovant, les personnes âgées de plus de 55 ans seront invitées à aller vivre à Paris extra-muros. En banlieue, quoi.

40° L'accouplement en plein air sera à nouveau autorisé (rappelons qu'il avait été interdit après qu'un homme ait été chassé d'un Jardin) à condition d'être pratiqué dans l'espoir de procréer.

41° Création au sein de la Mairie de Paris d'un Secrétariat aux Démarches Inquiétantes qui sera chargé, dans un premier temps, de déterminer exactement ce qu'est une Démarche Inquiétante, puis de les répertorier et enfin d'établir un Plan de Prévention des Démarches Inquiétantes afin d'empêcher la multiplication dans Paris des Démarches Inquiétantes.

42° Instauration d'un nouveau calendrier spécifiquement parisien. Ce calendrier s'intitulera « Colour Days » : chaque jour du mois sera associé à une couleur, lundi rouge foncé, mardi vert clair, mercredi bleu turquoise, etc… et les parisiens seront priés de s'habiller conformément à la couleur en vigueur afin que les jours du mois soient facilement identifiables par les analphabètes.

43° Possibilité pour tous les êtres en difficulté de devenir bouclier humain professionnel grâce à un stage de formation gratuit délivré par des experts. Seront considérés comme êtres en difficulté tous ceux qui éprouvent des difficultés à être.

44° Toute personne qui aura foulé la terre sacrée de France sera régularisée.

45° Abaissement de l'âge légal du droit de vote et d'éligibilité - actuellement fixé à 18 ans - à 3 ans, c'est-à-dire l'âge auquel tout enfant est en mesure de prononcer la phrase : « Je vote Gaspard Delanoë ».

46° Agrandissement de la fameuse statue de Jeanne Mas actuellement sise Place du Caire, dans le 2ème arrondissement.

47° Lancement en grande pompe du chantier de l'APT qui permettra d'encourager les rapports franco-japonais (APT : Autoroute Paris-Tokyo).

48° Réquisition de tous les terrains vagues de Paris qui seront transformés en Z.T.B. ( Zones Temporaires de Biodiversité) dans lesquelles pourront vivre et coexister pacifiquement des abeilles, des rats, des moustiques, des insectes, des rats-volants (pigeons), des papillons et des vers de terre et ce, en symbiose totale avec la déclaration Universelle des Droits de l'Animal de Paris .

49° Rétablissement du service militaire obligatoire, y compris pour les femmes et les enfants de manière à parer à l'attaque de Pékin qui, rappelons-le, à prévu d'envahir Paris courant avril 2008 ( note des RG).

50° Le vieux blason de Paris sera retoqué. L'actuel rafiot sans âge que l'on peut apercevoir sur les blasons sera remplacé par un bateau-mouche pimpant. Quant à la devise Fluctuat nec mergitur, elle sera remplacée par Groupum, omni devenem possiblum.

51° Paris, comme toute grande capitale se dotera enfin d'un animal totem ou mascotte, en l'occurrence le blue-footed boobie, oiseau des Galapagos en voie de disparition. Des T-shirts « Save the boobies » seront distribués par la Mairie de Paris à toutes les personnes méritantes.


 

 

www.gasparddelanoe.net

 

Collectif DEL
Introduction par Valdo

12/11/2007

Les barbares

Une fois n'est pas coutume, le texte ci-dessous n'aborde pas un fait de société ou d'actualité sous l'angle politique. Il se veut juste un constat face à la violence, en espérant y entrainer une réflexion.

C'était le Heysel en 1985, Zagreb en 1990 quand (déjà) Serbes et Croates  en vinrent aux mains, Cela à été le Parc des Princes il y a tout juste un an, Catane il y a neuf mois et la mort d'un policier, Rome hier et la mort d'un supporter entrainant encore d'autres violences, l'incendie d'une caserne et celle du CIO Italien. Encore du sang, encore des morts et des blessés.

Je vous hais.

Je vous hais soi-disant supporters inféodés à vos écharpes que vous ne savez faire qu'agiter comme le dernier des décérébrés du bulbe rachidien qui vous manque. Je vous hais, crétins qui ne venez au stade que pour stimuler votre libido défaillante à grand hurlements gutturaux. A grand jets de projectiles et d'injures racistes aussi.

Je vous hais, vous dis-je, vous qui ne levez le coude que s'il est prolongé par une bière et qui seriez incapable de lever le petit doigt pour une cause juste. Vous qui vous appropriez le football et qui salissez ce sport.

Au travers du football, vous salissez toutes les valeurs d'engagement, d'abnégation, de volonté.

Et pourtant ces valeurs ne sont pas l'apanage du seul football, ni du sport en général. Ce sont les valeurs aussi de celles et ceux qui ont lutté pour une société plus juste à défaut d'être meilleure. C'est l'étendard de la justice face à l'iniquité, de la liberté face à l'oppression, de la démocratie face à la dictature.

Ce sont les valeurs universelles de la civilisation à laquelle vous appartenez (si peu) et que vous vous acharnez à détruire (si souvent). Vous n'avez rien compris, vous n'avez rien appris, vous ne méritez que le mépris.

Vous n'êtes que des barbares.

Comment en est t'on arrivé là ?



Serval

11/11/2007

État de guerre civile ?

Hier rentrant chez moi, je vois un homme, jeune, à plat ventre sur le trottoir, agité de tremblements sporadiques, je me penche vers lui pour m’inquiéter de son état, lui proposer de l’aide. Un de ses copains surgit, le redresse à moitié -« qu’est-ce qui t’arrive collègue ? »- puis me demande d’appeler les pompiers et m’enjoins, avant de disparaître, de rester avec lui. Le jeune homme devenu livide a les yeux qui tournent et un côté du visage en sang.

En attendant les pompiers...
Avec deux jeunes filles dont les cours de secourisme ont été bien utiles, nous parlons au jeune homme pour l’empêcher de sombrer. Il émerge par éclairs, balbutie, replonge.
Il n’a plus toutes ses dents, sent la pauvreté et la marginalité non choisie à plein nez. A un moment, pathétique et enfantin, il se relève, affirmant, fanfaron, « je suis fort moi ! », avant de retomber sur le bitume. Faiblesse du corps qui échappe et solitude hallucinée.

Un petit attroupement se fait. Des élèves sortant d’un cours privé voisin implorent de l’aide pour lui, une femme arabe visiblement angoissée s’inquiète du temps mis par les pompiers pour arriver. Un homme pressé passe : « laissez le donc, c’est des drogués ! ».
...
Le soir je lis la presse :
Préparez vous à une grève longue dit X. Bertrand tandis que d’autres (dont V. Pécresse) en appellent à la mobilisation des défenseurs de la politique du gouvernement.


Dans cette période de tensions sociales, un affrontement violent peut se développer. La responsabilité d’un gouvernement agissant au service de ceux qui ont le pouvoir économique, financier, médiatique, etc., et entendent bien ne pas le partager, est en question. A-t-on un État de guerre civile ?

La France a connu des guerres civiles, depuis les guerres de religions jusqu’à celle qui ne fut jamais nommée comme telle : celle d’Algérie. En ces temps d’effacement de l’État protecteur, vieille lune paraît-il pour les « Modernes », la « guerre de tous contre tous » (Hobbes) semble à l’ordre du jour.

Notre capacité à éviter la guerre civile est mise à l’épreuve par l’oubli des lois élémentaires de l’attention à l’autre, de l’hospitalité, autant que par la valorisation du flux sans limite des hommes et des marchandises, des « hommes-marchandises » dans une guerre économique planétaire.

Quel État peut nous faire accepter une délégation de pouvoir garante de la paix civile ? Existe-t-il celui qui nous ferait dire ? :
J’autorise cet homme ou cette assemblée, et je lui abandonne mon droit de me gouverner moi-même à cette condition que tu lui abandonnes ton droit et que tu autorises toutes ses actions de la même manière. Cela fait, la multitude ainsi unie en une seule personne est appelée une RÉPUBLIQUE, en latin CIVITAS (Hobbes, Léviathan).

La République a été, en France, la forme politique historique permettant de dépasser l’état de guerre. Mais au prix d’un oubli : la nature sociale de cette dernière, pourtant inscrite dans la Constitution.

La démocratie politique ne saurait recouvrir la démocratie sociale : les élections ne sont pas le tout de la démocratie, mais ce raisonnement heurte l’idée de démocratie représentative. La question de savoir ce qui nous permet de vivre ensemble, malgré et avec nos différences, malgré nos antagonismes, nos « prés carrés », nos certitudes, est à nouveau posée. Comment la conflictualité normale de la société peut-elle ne pas être mortifère ?

Quel lien entre la solidarité microscopique envers le jeune homme overdosé et la République direz-vous ?
Et si c’était la parole du poète : "L'universel c'est le local sans les murs" (Miguel Torga).

 

 

Juliette dze 

10/11/2007

Plat pays et morne plaine

J'aime profondément la Belgique depuis longtemps, ses bières, sa gastronomie, son architecture, l'ambiance festive de ses carnavals, l'accueil de ses habitants, Bruxelles la flamboyante, Liège, l'austère, Anvers l'interlope, Bruges la médiévale, et je me pose cette question : pourquoi tant de ressentiments entre deux cultures ? Pourquoi tant de haines ? Pourquoi un tel renouveau du nationalisme flamand  ?

Depuis 150 jours la Belgique n'a plus de gouvernement. La plus grave crise depuis 1987. Et des crises il y en a pourtant eu depuis 1962 quant la « frontière linguistique » s'est fait jour entre Flamands et Wallons, avec pour conséquence, en 15 ans, que chacun vote pour les partis politiques de « sa » langue défendant ses particularités et accroissant encore le fossé.

Voilà comment le plat pays s'est transformé en morne plaine.

Comment, peut on encore vivre dans un pays sans gouvernement, ou les deux composantes linguistiques se détestent aussi cordialement, sans qu'il ne plonge irrémédiablement dans les tréfonds d'une terrible anarchie ?

Tout ceci pose le postulat suivant : Si la Belgique survit dans un tel environnement, ne serait ce pas le signe qu'un pouvoir central est superflu ? Ne serait ce pas le constat irrémédiable qu'une scission économique et politique est inéluctable ?

La crise économique qui défait peu à peu tous les liens sociaux, culturels, ethniques en Europe serait elle donc la préfiguration d'un délitement  prochain des peuples qui, dans toute l'Europe, auraient la tentation morbide du repliement sur soi ?

Où la mort annoncée d'une certaine idée de l'Europe globalisée et homogène dont rêvent les Eurocrates de Bruxelles et nos élites économiques et médiatiques ?


 

Collectif DEL
Sur un billet de cui cui

 

Pour aller plus loin :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/2...

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-976013@...
 
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